Génial, mais moi alors ?
Apprendre qu'on va être père est un bonheur. Une surprise, dans mon cas, mais une belle surprise. Moi, j'ai plané le premier jour. Je n'avais qu'une hâte, en parler à tout le monde ! Chaque coup de téléphone, chaque passant dans la rue ou dans les transports devait savoir que j'allais devenir le père de quelqu'un, un papa.
 

Les premiers changements sont psychologiques. Pour un homme, ce sont des questions existentielles : Finies les soirées avec les copains ? Quid des dîners en amoureux et des vacances à deux ? Dois-je changer de voiture ? Peut-on continuer à autant faire l'amour ? Me restera-t-il un peu de temps pour moi après ?
L'heure des doutes, aussi, sur ma capacité à enfin grandir, à (re)faire des concessions et à manipuler avec délicatesse une crevette de 3 kilos et 45 cm.

 

Avec le temps, on se blinde
Avec le temps, on se blinde. Déjà parce que un père qui accompagne sa femme aux échographies, aux cours de préparation à l'accouchement, aux rendez vous avec la sage femme, le médecin, l'anesthésiste est tout de suite plongé dans le défi médical de la grossesse. Ma femme et son ventre sont très suivis. Et moi, je poursuis les suiveurs pour tenter de comprendre. Je ne sens rien en moi, mais je vois et j'entends pendants les « échos », j'écoute les conseils et je veille à ce que Madame les respecte ! Bref, je soutiens.

Etre le meilleur papa-mari !

En fait, le soutien, c'est tous les jours. Le seul repos, c'est le boulot. Puis on s'inquiète donc on enquête. Hop !, un tour sur un des très nombreux sites Internet lié à la naissance, des coups de téléphones fréquents à la future maman pour contrôler que tout va bien, des questions aux collègues hommes et femmes, et on compare, on s'informe, on se désinforme et on re-compare.

 

Tout le monde morfle Evidemment, tous les hommes rêvent d'être le "meilleur papa du monde", en restant, si possible, le "meilleur mari". Pas évident de jouer sur les deux tableaux...

Finalement, je me suis aperçu que rien n'apprenait le rôle de père aussi bien que la cruelle réalité d'un nourrisson qui pleure, d'une couche à changer, d'un bain à donner et d'un sourire de bébé.

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Néanmoins, dans les cours de préparation à l'accouchement, j'ai entendu des trucs horribles sur les souffrances des femmes qui accouchent, tous les cas où "ça se passe mal" et peu sur les cas où "ça se passe normalement". Une chose est sûre, l'accouchement est une saine souffrance où tout le monde morfle, la mère, l'enfant, et le père qui doit rassurer tout le monde sans jamais faillir.

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