Des mamans de plus en plus âgées
Etudes universitaires et carrières professionnelles obligent, les femmes sont mamans de plus en plus tard. Même si les grossesses tardives (après quarante ans) représentent aujourd'hui encore un phénomène marginal (5 %), elles tendent à augmenter en nombre depuis les années quatre-vingt. C'est ce que constate Danielle Boyer dans un rapport sur "la parentalité tardive" (1) réalisé à l'attention de la CNAF (Caisse nationale d'allocations familiales). De plus en plus souvent, ces grossesses tardives concernent des femmes dont l'enfant tardif sera leur seul enfant.

Il existe aussi quelques rares cas de grossesses spontanées à cinquante ans ou au-delà (quarante naissances ont été répertoriées en France, ces dernières années). Enfin, quelques grossesses par procréation médicalement assistée (PMA) ont été menées à terme ces dernières années chez des femmes ménopausées de plus de soixante ans (soixante-sept ans pour la mère la plus âgée du monde, une Roumaine qui a donné naissance, en janvier 2005, à une petite fille de 1 kg 400).

"''La science devrait, de temps en temps, se calmer et les personnes avoir une certaine éthique''", s'insurge Kitt67 sur son blog (KITT67'BLOGG). "''A vingt ans, sa mère aura quatre-vingt-sept ans''", poursuit Kitt67 qui s'inquiète du devenir de cette petite fille. Mais ces questions éthiques concernent des grossesses exceptionnelles qui ont été médiatisées à travers le prisme de la prouesse médicale. Elles ne doivent pas occulter la question des risques physiologiques et psychologiques encourus par la mère et l'enfant dans le cadre plus général des grossesses tardives ordinaires.

Grossesse tardive, grossesse à surveiller "''A partir de trente-cinq ans, les femmes ont plus de risques de mettre au monde un enfant avec des anomalies chromosomiques''", reconnaît le Dr Sylvain Mimoun, andrologue et gynécologue à Paris. L'anomalie la plus connue est la trisomie 21 (ou syndrome de Down) qui bénéficie, aujourd'hui, d'un dépistage systématique à partir de trente-cinq ans. Mais d'autres anomalies sont possibles aussi. Un grand nombre de celles-ci conduisent spontanément à des fausses couches. Pour les enfants nés d'une mère de plus de quarante ans, les risques de prématurité sont accrus ainsi que ceux de petit poids (hypotrophie), de mort in utero ou à la naissance.

Grossesse tardive, grossesse à surveiller

Mais d'autres risques sont encourus par la future mère candidate à une grossesse tardive : augmentation du risque d'hypertension artérielle durant la grossesse, de survenue d'un diabète, d'hématome au niveau du placenta et de placenta mal placé à l'intérieur de l'utérus (placenta praevia). La mortalité maternelle augmente aussi significativement passant de 6,1 décès pour 100 000 naissances entre vingt-cinq et vingt-neuf ans à 37 pour 100 000 naissances après quarante ans. Cette augmentation de la mortalité maternelle est liée, en partie, à la moins bonne qualité du système cardio-vasculaire et à une fragilisation de l'utérus et des vaisseaux après quarante ans.

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Mais, même chez les plus jeunes, toute grossesse comporte des risques. Aussi, une bonne hygiène de vie, un dépistage des anomalies chromosomiques, une surveillance médicale régulière de la grossesse et de la future maman doivent permettre aujourd'hui, dans la majorité des cas, de mener à bien cette grossesse grâce aux avancées considérables de la science médicale, ces dernières décennies, dans ce domaine des soins.

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