Un fait scientifique
"Pourquoi les femmes se prennent la tête ?", ou l'art de l'overthinking... C'est scientifique, les femmes se prennent deux fois plus la tête que les hommes. Scientifique, certes mais pas seulement... Explications et solutions par Susan Nolen-Hoeksema...

Mardi - 9h30 : Convoquée dans le bureau du big boss à 11h... C'est parti pour le branle bas de combat des prise de tête : ''"Oh lala... Qu'ai-je fait de mal ? Veut-il me virer ? Suis-je vraiment faite pour ce job ?'''' On ne sait pas encore ce qu'il nous veut, mais on est déjà en train de surfer sur le site de l'Anpe... Pathétique ? Peut-être, mais beaucoup d'entre nous se reconnaitrons dans cet exemple car nous sommes nombreuses à nous laisser aller à des crises d'overthinking. Ces "crises de rumination dépressive" analysées par la professeur de psychologue nord-américaine Susan Nolen-Hoeksema dans son ouvrage "Pourquoi les femmes se prennent la tête ?".

Trop de pression
Premier point, il ne pas confondre l'overthinking avec l'anxiété. En effet, si les overthinkers sont d'incroyables anxieux, ils (elles) font beaucoup plus que s'inquiéter pour l'avenir : ils se focalisent sur des événements du passé, des actes, des situations qu'ils (elles) auraient voulu différents...

Il s'avère que les femmes sont 2 fois plus victimes de ces épisodes dépressifs. Diable, mais pourquoi ?
En fait, si notre statut a remarquablement évolué depuis 50 ans, les inégalités hommes/femmes restent importantes, et la pression nous donne parfois le sentiment d'avoir peu de contrôle sur nos vies et nous pousse à chercher des solutions. C'est pour cela que nous passons tant de temps à disséquer notre vie...

Pourquoi on se torture...

La cruauté du destin L'overthinking rend la vie plus difficile à vivre et peut même nuire à nos relations avec autrui. Alors, pourquoi se torturer ainsi ?

D'un point de vue scientifique, Susan estime que l'overthinking est de nature neurologique affective : le cortex préfrontal traite les émotions et les régule de différente façons. Il semblerait qu'il soit plus sensible chez nous les femmes, ce qui nous rend beaucoup plus émotives.

D'autre part, les femmes du 21ème siècle ne peuvent plus compter sur les valeurs religieuses et sociales qui guidaient leurs ancêtres. Il est en effet plus difficile aujourd'hui de savoir ce qui est vraiment bon pour nous puisque nous sommes libres de choisir la meilleure façon de mener notre vie... Les doutes nous envahissent alors....

De plus, le fait que notre société soit marquée par une extraordinaire quête de récompense nous pousse à penser que nous avons "le droit de'', à être particulièrement exigeantes, envers nous même et envers les autres... En oubliant au passage que les frustrations font partie de la vie. Du coup quand nos attentes ou nos espérances sont brimées, nous avons tendance à focaliser sur la 'cruauté du destin'' !

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Enfin, il est indubitable que nous sommes devenu(e)s nombrilistes. Du coup, nous passons notre temps à disséquer ce que nous ressentons, à décrypter le moindre petit changement d'humeur, le moindre assaut de tristesse ou d'anxiété pour en découvrir la signification profonde. Résultat, nous 'hyper-analysons'' sans cesse là où il n'y a finalement pas grand chose à analyser...

Problème : une "crise" donne souvent le sentiment que l'on est plongé(e) dans une réflexion profonde et salutaire. C'est là toute la perversion de l'overthinking.

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