Le mythe de l'instinct maternel
On vient d'accoucher. Ce devait être le plus beau jour de notre vie, celui qui, d'un coup de baguette magique allait faire de nous, enfin, une femme. Une vraie, parce que mère. Ce jour-là devait aussi se produire un fabuleux coup de foudre. Rien qu'à voir le bébé, on allait être subjuguée, conquise, débordante d'instinct maternel pour ce petit être totalement dépendant de nous. Raté !
Et puis, (et oui, il faut bien l'admettre), on a déchanté. Zéro déclic. On s'est sentie perdue avec ce nouveau-né, entre les couches, les tétées, les réveils de nuits, les pleurs indéchiffrables, les coliques mystérieuses. Bébé est un alien qui a débarqué dans notre vie, entre Jules et nous et qui déstabilise tout. La maternité n'est pas rose layette. Et en plus, on s'en veut à mort de ressentir des sentiments aussi mitigés.

Un grand classique !
''"Cette situation est un grand classique"'', rassure cependant Sophie Marinopoulos, psychanalyste et auteur de plusieurs ouvrages sur la maternité. "''Car l'instinct maternel est un mythe. Un mythe tenace, idéalisé par la société, et porté par les femmes elles-mêmes, comme si la féminité se résumait à la maternité. Le déclic est très rarement instantané d'où la grande culpabilité ressentie par beaucoup de mères. La plupart du temps, elles ne sont pas subjuguées, mais plutôt étonnées par leur nouveau-né, voire déçues s'il ne correspond pas tout à fait au bébé idéalisé. Souvent, elles sont angoissées par un bébé qu'elles n'arrivent pas à comprendre."''
Arrêtons donc de rêver. Dans les semaines qui suivent un accouchement, on est très émotive et fragilisée. Et pas forcément sur la même longueur d'onde que bébé.

L'apprentissage de la maternité

Materner, cela s'apprend "''La maternité est une construction dans le temps'', poursuit la psychanalyste. ''Elle se développe peu à peu, en fonction de l'histoire personnelle de chacune, de la relation que l'on a eue avec sa propre mère, etc. La jeune maman trouve progressivement en elle les ressources et les compétences pour décoder les besoins de son bébé. Elle gagne en assurance, en intuition, apprend au fil des jours à se faire confiance. Cela n'est pas inné, mais s'affine peu à peu au contact du bébé. Apparaît alors une forme d'empathie, c'est-à-dire la capacité à comprendre intuitivement ce qui est bon pour son enfant. Certaines femmes y arrivent facilement, d'autres ont besoin d'être plus entourées, rassurées par la famille et surtout par le papa. Son rôle est essentiel pour seconder et réconforter la mère''"

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Pas de panique ! No panique, on finira donc bien par y arriver. En attendant, l'on a des rancoeurs bien légitimes. Envers ceux (et celles...) qui nous regardent comme si on devait être la femme la plus heureuse du monde, avec cette merveille de nouveau-né. Envers ce nouveau-né pas si facile que cela à décrypter...Mais la relation s'harmonise au fil du temps. Après, ça finit bien par rouler, même si la maternité -et bien non- n'est jamais un long fleuve tranquille !
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Plus d'infos ! A lire

Le corps bavard, de Sophie Marinopoulos, Fayard, 2007Dans l'intime des mères, de Sophie Marinopoulos, Fayard, 2005Le Guide de l'après accouchement, de Sylvia Gaussen, Albin Michel

Et aussi...

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