Je suis plutôt une bonne copine. Depuis qu'Anne a divorcé, je ne pense pas lui avoir fait faux bond. Je lui sers de confidente, de compagne de ciné, de guide en esthétique, de shopping partner et aussi de coach avec les hommes (elle trouve que je suis une spécialiste parce que j'en ai un depuis longtemps!). Je l'écoute, je la console, je la rassure, je l'invite, et quand elle est trop bas, hop, elle remonte. Bref, je suis une amie, et ce que je fais pour elle, je suis sûre qu'elle ferait le ferait pour moi. Anne, je l'adore, depuis la terminale.

J'ai été bien contente quand elle m'a annoncé qu'elle avait rencontré un type formidable à un dîner. Il avait pris son numéro de téléphone. Pendant quinze jours, elle m'a appelé tous les quarts d'heures pour me demander mon avis et j'ai suivi l'affaire quasiment en direct. Bertrand avait appelé, il n'avait pas appelé, il avait envoyé un texto, un mail, puis rien, elle avait laissé un message, il avait répondu, il avait annulé, ils avaient mangé des langoustines, il s'était coupé les cheveux, il aimait les caramels, il était merveilleux, il fallait que je le rencontre...

Soirée affreuse, malgré le pot au feu

Anne amoureuse sur un petit nuage c'était bien mieux qu'Anne en train de maronner, même si ça prenait plus de temps ! Ils sont venus dîner. J'avais invité Béa et Thierry, Valérie et Thomas, Corinne et Gilles, la bande des vieux potes, les fidèles de toujours. Une heure avant le dîner, Anne n'avait toujours aucune idée de ce qu'elle voulait mettre, une jupe, ou une robe. On a tout passé en revue pendant que le pot au feu cuisait, et que moi, je mettais la table.

La soirée a été affreuse malgré le pot au feu. Bertrand, le roi de l'immobilier, a scotché tout le monde. A peine débouchée la première bouteille de vin, il a tapé sur tout ce qui passait, dans l'ordre : l'éducation nationale (Valérie), les Bretons (Gilles), le pacs (le fille de Béa), le rugby (Thierry), les émeraudes (re Valérie), les quartiers en baisse (Pierre et moi), le yoga (moi), la vodka polonaise (re Pierre et moi), le Guatémala (Corinne et Gilles), l'homéopathie (Béa), les huîtres, la peinture contemporaine, Thierry Lhermite, Harry Potter, les voyantes. Tout y est passé, sauf mon pot au feu. Il avait dû l'oublier !

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Je suis allée me réfugier dans la cuisine, et toutes les filles sont venues me rejoindre une par une, les yeux écarquillés, pouffant. Sauf Anne. Elle est restée littéralement drapée sur son épouvantable fiancé, jusqu'à leur départ. Dans l'entrée, elle m'a glissé en mettant son manteau : Alors, Bertrand, il est pas génial ? Je t'appelle demain.

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