Modèle réduit
On connaît la mère qui, crise de la quarantaine oblige, pique le style de sa pré-ado, qui se fait un plaisir de lui rappeler qu'elle est bien trop vieille pour avoir ce "staiiiiile". Il y a aussi les petites filles, qui veulent ressembler à leur mère.... Pour y parvenir, ces petites chipies chipent le rouge à lèvres de leur mamounette, s'embaument de leur Chanel N°5 et grimpent dans leurs escarpins (12 cm de talon, même pas peur !). Si l'on regarde au plus près, de plus en plus de mamans s'attèlent à faire de leur progéniture un modèle réduit. Cette "relation vestimentaire" mère-fille est une aubaine pour les griffes de l'air du temps...

Opération marketing
Plusieurs enseignes mettent en scène cette (con)fusion mère-fille. Le Comptoir des Cotonniers est le premier à exploiter le filon, jusqu'à en faire une marque de fabrique avec le casting mère/fille. Depuis 10 ans, plus de 100 couples mères et filles sont devenues les égéries de cette marque française. Et c'est sur ce jeu de miroir que la ligne de vêtements a construit ses campagnes publicitaires. Depuis, d'autres ont suivi l'exemple en proposant des modèles miniatures des tailles adultes : Zadig & Voltaire, Nocollection, Antik Batik, ou encore Les Prairies de Paris. Une façon de prôner que porter le même jean ou les mêmes baskets que sa cadette, c'est plutôt chouette. Certes, mais....

Complexité mère-fille Cette "complicité" mère-fille n'a pas échappé aux psychologues. Quand les mamans jouent à la poupée, un jeu qui n'est plus de leur âge, cela peut avoir des répercussions sur l'éducation de leur enfant. C'est ce qu'explique le Dr Jean-Claude Matysiak, auteur de ''Les pathologies de l'excès'': "''Le risque majeur est un risque de confusion surtout pour l'enfant. C'est une manière de ne pas la laisser accéder à son autonomie. Il y a un risque d'emprise. Il se peut qu'au passage à l'adolescence, ces enfants glissent d'une dépendance à une autre, pouvant entraîner par exemple des troubles du comportement alimentaire, des achats compulsifs à l'âge adulte, ou être accro à Internet''".

Où est la mère, où est la fille ?

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Où est la mère, où est la fille ? "''Dans l'autre sens,''" poursuit Jean-Claude Matysiak,"''la mère qui s'habille comme une ado est un phénomène plus culturel. Il y a aussi risque de confusion : qui est l'enfant ? Qui est l'adulte ? Cela participe au culte du corps sain, de la jeunesse, de la bonne santé et à l'incapacité qu'ont les parents d'instaurer des valeurs adultes aux enfants. La société fonctionne sur un mode impulsif, et non raisonné. Cette standardisation adulte/enfant, cette volonté d'imposer une uniformisation vestimentaire montre l'incapacité à laisser aux enfants leur propre autonomie''". Bon, et moi, qu'est-ce que je mets ?!
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Plus d'infos ! ''Les pathologies de l'excès'', Dr Jean-Claude Matysiak, Editions JC Lattès

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