Badour Shaker
La dernière victime connue s'appelait Badour Shaker, elle avait douze ans. L'été dernier, elle a été emmenée par sa mère dans une clinique illégale du sud de l'Egypte pour y subir l'opération. Elle est morte d'une overdose d'anesthésiants.
L'Unicef estime que 96 % des Egyptiennes sont excisées. Un pourcentage qui s'élève à 98 % en milieu rural. La pratique concerne tous les milieux sociaux, et autant dans la minorité copte que chez les musulmans. La plupart du temps, l'opération se limite à l'ablation du clitoris et des petites lèvres. L'infibulation, c'est-à-dire la mutilation des organes génitaux externes et la suture de l'orifice vaginal, ne concernerait "que" 5 % des victimes de cette pratique.

Une des pratiques les plus cruelles
La mort de Badour Shaker a provoqué un véritable traumatisme en Egypte. Pour la première fois, tous les responsables qui comptent se sont mis d'accord pour condamner définitivement l'excision.
Suzanne Moubarak, la femme du président égyptien, a dénoncé ''"une des pratiques les plus cruelles commises contre les femmes"''.
Le grand mufti, une des principales autorités religieuses du pays, a déclaré que l'excision était interdite en islam. Et le ministère de la santé a indiqué que tout membre du corps médical qui pratiquerait l'excision serait puni.

Le combat d'Amal Abdel Hadi
Mais il en faudra plus pour venir à bout de cette tradition profondément ancrée dans les mentalités. ''"La première campagne contre l'excision date de 1979"'', rappelle Amal Abdel Hadi. Cette Egyptienne se consacre au combat contre les injustices subies par les femmes de son pays. Avec son ONG "New women research center", elle a lancé un programme de lutte contre l'excision. Grâce à son travail, cinq villages du sud de l'Egypte ont déclaré l'abolition de l'excision. C'était en 1997. Dix ans plus tard, ils tiennent bon.

Les hommes sont pour... ''"Le plus difficile, c'est de durer'', explique Amal Abdel Hadi. ''Exciser sa fille prend cinq minutes, refuser de le faire, cela dure toute une vie. Et les parents doivent subir la pression des voisins, de la famille. On leur dit que leur fille sera comme ces femmes occidentales qui ne contrôlent pas leur désir parce qu'elles ne sont pas excisées. Les hommes sont majoritairement pour l'excision'', poursuit la militante. ''Ils savent très bien ce qu'ils font subir aux femmes. Mais ils préfèrent être sûrs qu'elles ne vont pas les tromper, que leur honneur restera intact.''"

Convaincre les hommes

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"Mais la solution est chez eux..." Le combat n'est pourtant pas perdu cependant. Pour Amal Abdel Hadi, "''La solution se trouve en partie chez les hommes. C'est eux qu'il faut convaincre, en premier lieu, de donner un peu plus de liberté à leurs femmes. Ce qui se réalise bien souvent malgré eux'', précise Amal Abdel Hadi. Poussés par le chômage, beaucoup d'Egyptiens quittent leur pays pour travailler à l'étranger. Un départ qui signifie souvent prise en charge des affaires familiales par les femmes. "''Et lorsqu'elles sont mises devant leurs responsabilités et qu'elles prouvent leur capacité à agir, elles s'émancipent des hommes.''", termine Amal Abdel Hady. Timide lueur d'espoir.

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