Pour en savoir plus, j'ai embarqué dans le taxi de Ghania, un petit bout de femme de trente et quelques années, qui a l'air de savoir où elle va. Tant mieux !
Ghania a commencé à conduire son taxi il y a deux ans et demi. Elle travaillait auparavant dans l'administration, et elle a profité d'un FONGECIF (Congé Individuel de Formation) pour tenter l'aventure, comme son père et ses frères avant elle.
Elle a d'abord commencé par apprendre Paris par coeur, en faisant "de la rue", c'est-à-dire à ne prendre que des clients qui hèlent les taxis du trottoir. +a s'est bien passé merci, tant pour la femme que pour la débutante qui demandait parfois à ses clients de la guider.
A ses débuts, elle travaillait également la nuit. Les clients sont plus cools, surtout ceux qui ont le "vin joyeux", et les collègues sont plus protecteurs. Un soir alors qu'elle était arrêtée sur un bas-côté pour changer une ampoule, cinq de ses collègues sont venus en dix minutes lui proposer leur aide !
Elle a ensuite intégré une compagnie de taxis. Cette dernière compte 15 % de femmes dans son escadron de chauffeurs. Le principe de collaboration est simple : une cotisation annuelle et contre un GPS et les commandes de courses du standard téléphonique.

Le rythme de vie d'une conductrice de taxi est impressionnant. Ghania prévient: "N'essayez pas de suivre mon rythme, il ne rime à rien!".

Un rythme de folie !

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Elle travaille en moyenne 70 heures par semaine et roule pas moins de 250 km par jour, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige ou qu'il canicule... Elle est aussi rodée à tous les écueils de le conduite : les bus, les motards qui remontent les files de tous les côtés, parfois à des vitesses plus qu'élevées. Les taxis ont l'autorisation d'utiliser les couloirs de bus, mais ils ne sont pas tous seuls. Ils doivent composer avec les vélos, les deux-roues motorisés (interdits normalement, mais bon), sans compter les automobilistes peu scrupuleux et autres poids lourds qui n'hésitent pas à se garer dans les couloirs.Je suis passager de Ghania et c'est parfait ! Une conduite sans heurts, d'un client et d'un côté de Paris à l'autre. Le chauffeur (la chauffeur ?) est toujours calme et décontractée, quelle que soit la situation. Les embouteillages, les automobilistes garés en double file, les chauffards, les livreurs... Elle supporte tout cela avec sérénité, "c'est mon quotidien !". Elle se rappelle quand même une perte de sang froid ce fameux jour où il lui a fallu mis 2h 30 pour rallier l'aéroport Charles de Gaulle à la Porte de Bagnolet à Paris...

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