Dolce&Gabbana et le Stade Français ont fait appel au photographe Steven Klein pour leurs derniers clichés. Dans son cadre, des hommes tantôt violents, tantôt soumis, chaînes aux pieds, des Maîtresses Domina aux corps déformés. On dit non, trop, c'est trop !

Esclaves de la mode

Esclaves et maîtressesDolce & Gabbana et le Stade Français ont fait appel au photographe Steven Klein pour leurs derniers clichés. Dans son cadre, des hommes tantôt violents, tantôt soumis, des chaînes aux pieds, des Maîtresses Domina aux corps déformés. On dit non, trop, c'est trop !

Une chambre forte aux murs capitonnés. Trois femmes, strictes queues de cheval, tailles enserrées dans un corset de métal, manteaux noirs, corrigent deux éphèbes à coups de cravache. Les yeux bandés, agenouillés, mains derrière la tête, dénudés, les esclaves subissent les assauts de leurs maîtresses.

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Image sinistre de l'actualité ? Non, dernière campagne Dolce & Gabbana parue dans la presse. Dans la même série, un homme nu est prêt à être piétiné par un dandy en costume élégant, surveillé de près par une femme au corps surnaturel. Au printemps, l'image d'une femme au sol, fermement maintenue par un bellâtre sous les yeux de quatre complices avait déjà fait scandale.

Des joueurs chaînes aux pieds Les deux créateurs Italiens ont fait appel à Steven Klein, célèbre photographe américain. Un artiste en vogue : il a signé le nouveau calendrier des Dieux du Stade, déjà en rupture de stock. Pour 2008,finie la précision quasi-anatomique des rugbymen. Cette fois-ci, on se veut plus évocateur : les athlètes ont été "shootés" au château de la Comtesse du Barry, à Louveciennes. Des chaînes à leurs pieds sont censées "''symboliser les liens qui unissent les joueurs''"...

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Mais dans la cale Dolce & Gabbana, comme dans le château de la Comtesse du Barry, l'esclavage n'est même plus une fantaisie sexuelle, look vinyle, menottes, soumission feinte et consentement mutuel. Steven Klein fait directement allusion à celui aboli en 1848, déclaré crime contre l'humanité en 2004. Petit rappel : le commerce triangulaire a concerné onze millions d'Africains outre-Atlantique. L'asservissement comme argument publicitaire ou esthétique ? Impossible d'adhérer !