Bad news, le cancer se féminise... En effet, non contentes d'être victimes de "traditionnels" cancers dits féminins (sein, ovaires, utérus), les femmes sont aujourd'hui sujettes aux cancers "masculins" (colons, poumons). Il y a, bon an mal an, 42 000 nouveaux cas de cancer du sein (1 femme sur 11 et 1e cause de décès par cancer gynéco), 4 500 de l'ovaire (2e cause de décès par cancer gynéco), 3 400 de l'utérus (et 1 000 décès...) et 2 500 du poumons, soit + 20 % en 5 ans. Il est devenu la 1e cause de décès féminin par cancer aux USA....

La mort annoncée du cancer du col de l'utérus
Rencontre avec Wolf-Hervé Fridman*, éminent spécialiste en cancérologie et directeur d'un des plus grands centres de recherche français... Ce patricien, doublé d'un chercheur hors pair est un "cancérologue" heureux : "''Il y a aujourd'hui plusieurs bonnes nouvelles en matière de cancers féminins ! La meilleure est le fameux vaccin contre les virus du papillomavirus 16 et 18'' (remboursé par la Sécurité sociale en France depuis le 12 juillet 2007), ''Les agents responsables du cancer de l'utérus, mais également d'hyperplasie et autres dysplasies. Ces sales bestioles qui se transmettent par voie vénérienne provoquent un cancer du col de l'utérus -et très souvent de décès, dans le monde entier, et plus particulièrement dans les populations les plus fragiles.''"
W.-Hervé Friman ne cache pas sa joie : ''"Ce cancer devrait bientôt être éradiqué de la planète, sinon fortement diminué"'', et de rappeler que l'Administration Bush avait freiné des deux pieds l'agrément AMM de ce vaccin sur son territoire pour cause "d'amoralité"...

Vive les frottis, mamo et palpations !
Les autres bonnes nouvelles quant au cancer de madame concernent le très féminin cancer du sein. "On peut aujourd'hui prédire ce cancer.". En effet, dans un contexte d'hérédité forte, un test permet désormais de révéler l'existence d'un risque accru de développer un cancer de type BRCA. Et après ? "Les nord-américains enlèvent les deux seins, ici, en Europe, on a plutôt tendance à tout mettre en place pour un diagnostic le plus précoce possible."
W. Hervé Fridman salue ensuite les efforts engagés sur le dépistage en rappelant : qu'"un cancer du sein a près de 100 % de chances d'être guéri si il est pris au stade localisé".
Donc, faites-vous dépister, mesdames, d'autant que tout est en place pour nous y aider. Et surtout après 50 ans, car comme le rappelle le Professeur Fridman : "l'incidence du cancer féminin est inversement proportionnel aux visites chez le gynécologues"... A nous donc les frottis, palpation et les mammographies régulièrement !

"On a une main pleine de moyens pour le traiter s'il est dépisté tôt !" assure le Pr Fridman. Et d'énumérer le fait que les seins sont "accessibles", qu'ils ne sont pas des organes vitaux, que la radiothérapie et la chimio sont efficaces, qu'ils sont récepteurs d'hormones, et donc un parfait champs d'application pour cette nouvelle génération de traitements inhibiteurs dits "ciblés", comme le tout récent Herceptine par exemple.

En avant le dépistage !

Poumons, colon : parité cancer ''"Les femmes acquièrent aujourd'hui le privilège d'avoir accès aux cancers réputés masculins"''. Mode de vie, tabagie... W.-H. Fridman ne stigmatise pas particulièrement la pilule et le THS dans l'augmentation de cette incidence parmi la population féminine : ''"Ils ne sont en aucun cas aussi cancérogènes que le tabac ou l'amiante, même si leur caractère hormonal induit un facteur d'impact..."''.

Enfin, nous développons de plus en plus de cancers de la peau, faute à l'abus de séances de grillade sous les rayons bien sûr. Là encore, attention, le mélanome est très méchant, et la prévention s'impose strictement.

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Dépistage et traitements plus fiables La recherche s'emballe et tape aujourd'hui tous azimuts. "''On passe de plus en plus de découvertes dues au hasard à des découvertes issues de la recherche"''. Et de citer en exemple la révolution de l'imagerie diagnostique (les scanners, les petscans, les IRM et autres échographies sont aujourd'hui des examens "de routine") et de la recherche thérapeutique. Celle sur les molécules ciblées (qui agissent sur des anticorps monoclonaux, exemple, l" Avastin), comme celle sur les molécules simples (le Glivec) qui permettent de disposer aujourd'hui d'une pharmacopée efficace dans l'arsenal de traitement des cancers qui combine aujourd'hui différents types de traitements (comme la chimiothérapie associée en amont ou en aval de la chirurgie dans le cas du cancer du sein ou encore la combinaison de l'Herceptine, avec la chimio)."''Cela n'a jamais été aussi vite''". Reste cependant le problème du coût de cet arsenal de prévention et de traitement, ici comme ailleurs dans le monde. Mais cela n'est pas du ressort de la médecine...

*Wolf-Hervé Fridman est Directeur du Centre de Recherches des Cordeliers et Chef de Service d'immunologie biologique, CHU européen Georges. Pompidou

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Vivre et comprendre le cancer, sur le site de l'Institut national du cancer

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