La parité n'a pas que du bon. En particulier quand elle concerne le cancer du poumon. Premier cancer chez l'homme, il pourrait devenir dans les prochaines décennies le plus fréquent chez la femme aussi, dépassant celui du cancer du sein. Explications.

Ah, vous fumiez madame...
Ce sont les statistiques de l'Assurance Maladie qui ont tiré la sonnette d'alarme : selon une étude publiée en 2004 dans la revue médicale de l'assurance maladie*, l'incidence du cancer du poumon augmente de 5,6 % par an chez la femme depuis 1997 alors qu'il baisse chez les hommes (-0,6 %). Des chiffres qui devraient poursuivre leur progression durant les deux prochaines décennies du fait de la montée du tabagisme féminin depuis la deuxième guerre mondiale.
En octobre 2005, Le Pr David Khayat, alors président de l'Inca, annonçait lors de rencontres parlementaires que "le taux de cancer du poumon chez la femme devrait augmenter de 60 % entre les périodes 2000-2004 et 2010-2014. Les plus touchées seront les femmes de 50 à 64 ans."

Risque 2 à 3 fois plus élevé
Force est de constater aussi que chez les jeunes, les femmes fument autant que les hommes (environ 31 %). Or, l'on sait que 87% des cancers du poumon sont liés au tabac. Mais une autre explication est avancée pour cette progression du nombre de cancer du poumon chez la femme : à tabagisme égal, elle présente un risque 2 à 3 fois plus élevé qu'un homme de développer un cancer du poumon du fait d'une plus grande sensibilité à certains carcinogènes présents dans la fumée de cigarette.

Bon, on arrête ?

Se sevrer au plus vite Une enzyme impliquée dans le métabolisme de la fumée de tabac pour en réduire les méfaits, le cytochrome P450, serait moins active chez la femme que chez l'homme. Une explication biologique qui aide à mieux comprendre pourquoi, chez les non-fumeurs, les cancers broncho-pulmonaires liés au tabagisme passif sont trois fois plus nombreux chez les femmes que chez les hommes.

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Mauvais ménage avec la pilule Bref, pour inverser la tendance, une seule solution : se sevrer au plus vite de la cigarette plus cancérigène chez les femmes que chez les hommes et qui augmente, en plus, le risque d'accident cardiaque chez les femmes sous contraceptifs oraux . Un sevrage souvent envisagé avant une grossesse, mais qui pourrait aujourd'hui être facilité par la pression sociale anti-fumeur qui va croissante et de nouveaux traitements du sevrage tabagique comme la varénicline (Champix).
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''* Incidence du cancer du poumon en France métropolitaine de 1997 à 2002, Rev Med Ass Maladie 2004''

Lire le discours du Pr KhayatLe site de l'Inca

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