40 000 entreprises créées
Depuis 19 ans, 46 000 microcrédits ont été attribués. Entendez des minis crédits à la création d'entreprise, de 500 à 5 500 euros, tous confiés à des Rmistes, chômeurs et "travailleurs pauvres". Soit encore la création de 40 000 entreprises, et de 47 000 emplois induits. Les pertes ? Seulement 3 %, imputables aux frais de gestion. Quant à la durée de vie de ces entreprises, elle égale la moyenne nationale : 64 % vivent au moins 2 ans...

Tout cela grâce à Maria Nowak. Celle qui n'aime pas qu'on la surnomme "La banquière des pauvres", "''car ce n'est pas parce qu'ils sont défavorisés qu'ils sont moins intelligents ou qu'ils ont moins de bonnes idées !''" Certes.

Femme de cœur 2007
Maria Nowak, Femme de Cœur 2007, a fondé l'Adie, l'association pour le droit à l'initiative économique, en 1989. C'est elle qui a introduit le microcrédit en France, pour aider ceux que personne n'a voulu aider. Ceux qui ont développé un commerce sous cape faute de mieux, ceux qui voudraient faire, mais que les banques n'écoutent pas, car ils ne correspondent pas à leurs normes sta(tis)tiques.
18 % d'entre eux ne savent d'ailleurs ni lire ni écrire, d'autres n'ont pas suivi les bonnes études, ou alors pas en France, 20 % sont issus des quartiers difficiles...
Mais on sait aussi que dans les quartiers dits difficiles, la moitié des jeunes nourrissent ce rêve de création, alors que 55 % des jeunes Français "rêvent" de devenir fonctionnaires...

Le microcrédit au féminin

"''Le travail, ça se grignote !''" La solution, c'est le microcrédit. Et Maria Nowak de répéter que "''si "le travail, ça se grignote", le travail indépendant est une des voies pour le grignoter''". Il amènerait même à l'égalité des chances, à quiconque voudrait créer son emploi.

Ex-membre de l'Agence Française pour le développement, anciennement détachée à la Banque Mondiale, Maria Nowak a beaucoup observé les modèles de microfinance, notamment au Bangladesh. C'est là, qu'en 1986, elle rencontre Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Banque, la "banque rurale". "''Il a découvert l'exploitation des paysans par les usuriers. Une femme qui travaillait toute la journée en fabriquant des chaises en bambou ne gagnait qu'un demi-taka, une fois remboursé le prêt ayant servi à l'achat de la matière première, dont le taux pouvait monter jusqu'à 10 % par semaine. Le professeur Yunus sortit de sa poche le petit capital de 10 ou 20 takas dont elles avaient besoin et constata que ses prêts étaient remboursés à 100 %''", explique Maria Nowak dans son dernier livre, "On ne prête pas qu'aux riches". L'expérience prouvera d'ailleurs ensuite que ceux qui empruntent le moins sont souvent ceux qui remboursent le mieux. ..

Surtout des femmes ! A l'Adie, 35 % des créateurs d'entreprises sont des femmes, c'est plus que la moyenne nationale. La plupart d'entre elles ont quitté le monde du travail pour éduquer leurs enfants. 30 % vivent seules avec un enfant. Par contre, leur niveau de formation est souvent supérieur....

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"''Pour des raisons simples, le microcrédit a toujours été plus orienté vers les femmes''". C'est un modèle qui leur correspond souvent mieux que le salariat -"''Cela leur permet de rester à la maison et de s'occuper des gosses ! Ensuite, ce sont souvent elles qui en ont le plus besoin et ce sont elles qui remboursent souvent le mieux ! Dans les pays de l'Orient, au Bangladesh par exemple, la situation des femmes est parfois très dure... Là-bas, il suffit que leur mari leur dise trois fois "Je te répudie", pour que la femme se trouve dans l'obligation de quitter le foyer et se retrouve à la rue, sans moyen, les enfants dans les bras !''", explique Maria Nowak. "''Ici en France, c'est un petit peu différent. Même si ce n'est pas parfait, elles sont moins abandonnées à elles mêmes. Mais nous avons la même expérience avec nos clientes : des femmes qui s'accrochent, qui ne lâchent pas... Et qui remboursent bien''".
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