Mardi 14 août, 9 h du matin.
Entre un hyper, un magasin de meubles moches et une rocade d'autoroute, le Campanile de Beauvais. Les cyclistes féminins ne nichent pas dans les palaces. Question de budget... Dans ce lieu sans charme, FemmesPlus a rendez-vous avec Marina Jaunatre. A 25 ans, la jeune femme est l'un des meilleurs espoirs du cyclisme français.

Aujourd'hui, perchée sur sa petite reine, version ultra sportive à plus de 2 000 euros, Marina va avaler 101 km de bitume entre Beauvais et Argenteuil, 4e étape de la Route de France,le "Tour de France" au féminin.
Marina, tout sourire, et ses coéquipières de l'équipe Vienne Futuroscope prennent des forces autour d'un solide petit-déjeuner de sportif. Du pain, des yaourts, du fromage, des fruits, des pâtes, du jambon.

La championne, c'est Marina
A trois heures de la course, repos obligatoire. Marina, allongée sur son lit, paresse devant la télé et se livre. Elle profite de la présence de David, son amoureux. "''C'est notre seul moment de détente dans un emploi du temps chargé''", explique Marina. "''Hier soir par exemple, nous sommes arrivées à l'hôtel à 22 heures.''" La jeune femme a déjà la tête dans l'épreuve. "''On a couru cette étape l'année dernière, elle est difficile. Il y a de belles bosses ''(ndlr : montées) ''et les filles speedent. Et il faut se préserver pour le contre-la-montre de jeudi...''"

Chez les Jaunatre, le vélo est une histoire de famille. Ses trois frères, son père, son compagnon pédalent depuis toujours. Mais la championne, c'est Marina. Une jolie fille aux yeux clairs. Depuis douze ans, elle avale les kilomètres. Douze ans qui lui ont dessiné un corps et une vie d'athlète.

Un sport ingrat
Elle roule en équipe de France, a un job de facteur (à vélo, évidemment !) conventionné. Elle partage son année entre entraînement, course et boulot. ''"Le vélo est un sport ingrat. Je m'entraîne 15 heures par semaine et le moindre écart alimentaire ne pardonne pas. Dans une côte, le poids a une grande importance."''

Un mental et des jambes d'acier

Le mental et les copines Quand elle pédale, Marina a ses copines en tête. "''Contrairement à ce que l'on pense, le cyclisme est un sport d'équipe. On se place les unes par rapport aux autres en fonction du vent. On écoute Damien grâce à l'oreillette et on s'encourage.''" Damien Pommereau, le directeur sportif de Vienne Futuroscope, a trouvé en elle une vraie battante. "''Marina en veut, elle ne lâche rien. Sa principale force est de commencer à très bien se connaître''", raconte-t-il. "''En course, ma particularité, c'est d'être très concentrée. Le résultat dépend à 70 % de mon mental. Il ne faut pas douter, pas lâcher. Et c'est avec l'expérience qu'on s'en sort.''"

Une histoire d'oreillette Les cuissards enfilés, les filles sont parées. Place des Halles, le speaker présente les équipes. Concentrées, Marina et ses coéquipières écoutent le dernier brief de Damien. Top ! Le départ est lancé. Pendant trois heures et demi, depuis sa voiture, Damien reste en contact avec Marina via l'oreillette. Sur la route, les difficultés s'enchaînent. L'ancien coureur devenu entraîneur précise la direction du vent, la prochaine côte, le positionnement de chacune.

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Sous les yeux des curieux venus voir les filles en vélo, Marina, la combattante, reste en bonne position. Le paysage de l'Ile-de-France défile, campagne, banlieue chic puis banlieue triste. Fin de la course à Argenteuil. Marina, malgré ses efforts, est classée 5e, derrière la danoise Rasmussen. La Route de France féminine s'achève samedi à Vittel. Mais pour l'heure, les filles sont crevées. Il est temps de se reposer dans un bel hôtel au coeur d'une sympathique zone commerciale...
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Cette année, la gagnante du Tour de France féminin est Bubenkova Sveltana (Russie) | Feniks HPS.

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