Trop contagieuse !
Aussi prévisible que la crise de foie au lendemain des fêtes ou le rhume des foins au printemps, une épidémie de fièvre acheteuse, très contagieuse, sévit en janvier dès l'ouverture des soldes.
Les symptômes de cette maladie typiquement féminine sont connus : fébrilité extrême (devant les étiquettes), crise d'angoisse (y aura-t-il ma taille ?), accès de boulimie (de fringues) et envie de maigrir (pour rentrer dedans), idée fixe (acheter à tout prix), perte de la raison (achats idiots), agressivité (touche pas à mon solde), grande fatigue (journées éreintantes), autosatisfaction (de la bonne affaire)...

Déliro-soldes
Chaque année, pourtant, on prépare cette opération commando. On fait l'inventaire de ses armoires, on sort son bas de laine et on construit un plan d'action raisonnable : voyons, de quoi ai-je vraiment besoin ? D'une doudoune bien chaude pour affronter l'hiver, de talons aiguilles pour jouer les stars, d'un sac chic pour soirée choc...

Pas mon style mais bon
Et immanquablement, à soldes +2, on se retrouve avec une veste en jean, une paire de baskets et un sac à dos ! Sans parler de la petite robe en laine qui sera géniale avec 3 kilos de moins (bien installés), des escarpins un peu justes mais qui ne se feront (jamais), du short en velours, "pas mon style mais ça me changera" (immettable).
Oh soldes, quelles folies on commet en ton nom... N'y aurait-il pas un antidote ? Eh bien oui !

Un vaccin personnalisé

Claude Boutin, psychologue canadien, dissèque nos pulsions d'achat dans un petit livre drôle et instructif, J'achète (trop) et j'aime ça ! (Les Editions de l'Homme, 2005). On y apprend que le magasinage, comme on dit au Québec, peut devenir une dangereuse dépendance. Mais que cela se soigne (enfin, on peut essayer !). D'abord, il faut poser le diagnostic. Notre spécialiste soldologue distingue trois types d'acheteuses, mues par des ressorts différents.

Intense, sensuelle ou raffinéeL'intense achète pour combler un sentiment profond d'insécurité, trouver l'apaisement et la paix intérieure. La sensuelle cherche à combattre l'ennui et atteindre par des petits plaisirs la joie de vivre qui lui manque. La raffinée souffre d'un manque d'estime de soi et se rassure par des achats qui lui donnent un sentiment de fierté.

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Le vaccin ! Une fois identifiée la forme de la maladie, on passe au vaccin. Claude Boutin a imaginé des "cartes de répit" au format d'une carte de crédit, à glisser dans son sac. Chaque type d'acheteuse a la sienne. Au moment de craquer pour une petite folie en solde, l'intense sera rappelée à l'ordre par sa carte de répit qui lui conseillera de "se libérer de l'émotion qui ne l'apaise que brièvement". La sensuelle lira qu'elle ferait mieux de se "libérer d'un plaisir passager", et la raffinée "d'une fierté passagère". Frustration assurée, engendrant réflexion ou exaspération. Mais notre bourreau a tout prévu : ses cartes résistent aux accès de mauvaise humeur, elles sont indéchirables !

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