Elle n'est pas grande. Elle lui ressemble. "''C'est même celui de ses trois fils qui lui ressemble le plus.''" Elle a l'œil vif, le verbe direct, un goût déclaré pour la famille et un sens certain de la répartie. Pas forcément politiquement correcte. Sauf que. Parfois elle se reprend. Et pour cause. Andrée Sarkozy n'est pas n'importe qui et tout ce qu'elle dit pourrait être retenu contre Lui. Ou, pire pour elle, mal pris par "Nicolas". Déjà, elle s'était faite "''engueuler''" pour en avoir trop raconté, "''pendant la campagne''", son goût pour les éclairs au chocolat ou son art de bien ranger ses petits soldats. Femme libre, âgée de plus de 80 ans, elle a ce beau visage de celles qui se moquent des signes du temps et le sourire qui ne fait pas semblant. Femme fidèle, -"''pas seulement avec la famille, mes meilleures amies de classe aussi, je les vois depuis le cours Dupanloup où j'ai fait presque toutes mes études !''".

Femme indépendante qui a traversé le pire, -François, dernier de ses trois fils avait 6 mois quand elle s'est séparée de leur père, et le meilleur- elle a fait une carrière d'avocate et ses enfants ont tous réussis -elle paraît avant tout et au-delà de tout, mère de cœur d'une famille recomposée. A toutes les générations. Et tous les niveaux. Jusqu'aux deux autres enfants de son ex mari - "''ils sont merveilleux, je les adore''"-, nés après leur divorce.
Atypique et pourtant classique, à bras (et table) ouverts pour ses petits enfants, celle que ses proches surnomme Dadu tient à se faire appeler "Grand Mère" : "''J'aime beaucoup ! Les Mamie, Manou, Mina et tout ça, quelle horreur ! Sarkozy père aussi se fait appeler "Grand Père" et bien qu'il soit un grand séducteur, il en très fier. Il adore !''"

Le palmier de Nicolas...

Elle reçoit dans son appartement, à Neuilly, situé non loin d'un grand magasin de plantes et d'accessoires pour jardins et terrasses où "''Nicolas travaillait le samedi pour se faire de l'argent de poche''". Devant la baie ensoleillée de son salon, entre quelques bergères Louis quelque chose, un canapé fatigué des années 70, une table sur laquelle elle "''improvise des dîners en mélangeant les genres et les générations sinon on s'ennuie''" et jouera au bridge cet après-midi, se prélassent azalées roses -"''chaque année ils refleurissent''"- et plantes vertes dont "''ce palmier donné il y a 10 ans par Nicolas et qui ne cesse de pousser. "S'il continue, il va falloir que je déménage !"''".

Publicité
En mocassins, pantalon droit et col roulé chiné dans un camaïeux de violet, les jambes croisées et l'oeil vaillant, Andrée Sarkozy reçoit avec "monsieur Arthur", "un Yorksire, cadeau de la mère de Cécilia qui l'avait trouvé sur la route". "''L homme de la maison''" attend sa récompense en croquettes pour accueillir l'intruse sans grogner. Sur la table à pied galbés de l'entrée, une photo d'elle devant les soldats de Xian avec cette dédicace écrite à la main : "''Pour maman, en souvenir, affectueusement, Nicolas''". Lors son premier voyage officiel, dans le sillage de son fils, comme tout au long de sa vie, Andrée Sarkozy aura été un atout majeur pour le Président. Sa vraie première dame en quelque sorte. A sa manière. Si personnelle. Bluffante et jamais bluffée.
Publicité