Pas moins de 1 200 secrétaires, pages, maîtresses de la garde-robe, femmes de chambre, chauffeurs, joueurs de cornemuse, fleuristes, écraseurs de tubes de dentifrice et autres zélés serviteurs glissent à pas feutrés dans les couloirs de Buckingham.
Parmi les plus proches, les dames de compagnie et les majordomes. La majorité reste fidèle... au devoir de réserve, d'autres ont monnayé leurs confidences.

"Un job terrible" ! D'après le chef de cuisine de Bucking-ham Palace, ce n'est pas une sinécure de préparer les repas de la souveraine qui a pourtant des goûts réputés simples mais expressément précis. Ainsi, le matin, à 7 h 30 tapantes, une femme de chambre pénètre dans la chambre de la reine. Elle ouvre les rideaux, salue et se retire. Une autre entre à son tour, portant un plateau d'argent qui supporte une théière, une tasse et un petit pot d'eau brûlante. Elisabeth prend une première gorgée de thé, Ceylan ou Chine, mais rien d'autre. Une heure plus tard, la Head Coffee Room Maid, la préposée en chef aux petits déjeuners lui sert le breakfast : œuf à la coque, mouillettes de pain complet et café élaboré par l'hôtel Savoy de Londres. Le mélange, tenu top secret, aurait été mise au point par le général Eisenhower durant la Seconde Guerre mondiale. Le thé ou le café royal sont préparés à base d'eau minérale de Malverne, l'eau préférée de la souveraine qu'elle emporte d'ailleurs dans tous ses déplacements à l'étranger, tout comme ses cakes aux fruits confits de chez Fortnum and Mason.

Les goûts d'Elisabeth sont connus de toutes les chancelleries. Lors d'un voyage officiel au Danemark, l'intendant danois a demandé la veille à son homologue anglais comment la reine appréciait ses œufs. "De toutes les manières !" Aussitôt dit... Sur un plateau d'argent, une vingtaine d'œufs lui seront offerts : à la coque, en omelette, pochés, en miroir, aux truffes, aux crevettes, au crabe, à la russe...
A 13 heures, déjeuner léger. Par exemple, potage d'asperges bien vert, agneau rôti bien rose et pudding à la glace à la menthe, son dessert favori. Certaines provisions viennent des domaines royaux comme Sandringham : poissons de rivière, venaisons ou légumes biologiques de Highgrove. Le nouveau chef de la reine, Mark Flanagan, dirige une grande équipe. Jugé pas commode par ses troupes, Mark Flanagan, qui bénéficie d'un logement de fonction, concocte minutieusement le poisson fétiche d'Elisabeth, un haddock Saint Germain, du poisson frit, puis passé à la chapelure, gratiné au four sous une crème aux œufs et servi avec des pommes minutes et une béarnaise. Un plat qu'elle déguste avec un verre de Barley Water.

La reine n'aime pas le bruit que font les cubes de glace sur les bords de son verre. Son personnel utilise donc une machine qui produit des glaçons ronds. Elle demeure fidèle au Dubonnet gin de sa mère. Elle n'aime pas le champagne (au contraire de Queen Mum, qui adorait le Krug) et fait semblant d'en boire à l'instant des toasts. Sur ses ordres, le palais est abondamment fourni en alcools divers pour le plus grand plaisir de ses résidents.

Publicité

A 17 heures, la vie s'arrête pour le thé. Dans l'une des cinq salles à manger du palais, il est servi chaque jour dans un service différent. La reine déguste ses sandwichs aux concombres à la recette invariable : le concombre est nettoyé de sa peau et de ses pépins. On l'introduit entier dans un pain carré et beurré que l'on tranche ensuite à la vitesse de l'éclair. Elisabeth prend également des scones et son plaisir est d'en émietter quelques-uns à l'intention de ses corgis. Au dîner, si elle soupe en compagnie du prince Philip, ou seule devant sa télé, le menu est frugal. Un potage, un peu de saumon ou une sole grillée et quelques toasts ; mieux, une salade de crudités, mais sans tomates, elle les déteste. Comme elle déteste aussi les plats trop épicés et les currys.

Publicité
Une cinquantaine de marmitons et serviteurs travaillent dans des cuisines jugées, pour leur taille, industrielles. On y entre apprenti, il n'est pas rare d'y faire carrière. Les wash-up assistants, payés 4 livres (5,95 euros) de l'heure, lavent tout à la main. La reine ne se rend dans ces sous-sols que fort rarement. Un beau jour, l'envie lui prend d'y faire un tour. Elle croise un aide appliqué à prélever des filets d'une truite. Elle le salue gentiment. Il lève à peine le nez et lance : "B'jour Votre Altesse". La reine le reprend en lui disant qu'il doit l'appeler "Votre Majesté" Il sourit doucement. La reine lui demande alors ce qu'il fait. "Ben, je travaille du poisson. - Cela, j'ai vu, mais quel poisson ? - Oh ! là, là, du poisson, c'est du poisson !" Agacée, Lilibeth tourne les talons. Trois semaines après l'incident, le gamin de 17 ans allait planter les choux ailleurs.

Ils ont des glaçons ronds !

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping People du jour :