Une arrivée cinématographique.

Jet privé et limousines blindées. Un couple tout de noir vêtu. Lunettes à verre fumée. Lui, en Ray-Ban. Elle, en Dolce Gabanna. Ceux qui pensaient qu'après l'hyper médiatisation de la révélation de leur romance, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni joueraient la carte de la discrétion, sont encore une fois bien marris. Pour vivre heureux, ne vivons plus cachés. Tel est le credo, certes un brin paradoxal, d'un président qui n'a pas craint aussi de raviver la polémique en empruntant le Falcon 900 du milliardaire Vincent Bolloré. Tout à sa passion, le chef d'Etat ne se soucie guère des ''"répercussions sondagières"'' que pourraient provoquer par ces signes ostentatoires de richesse. Ni d'ailleurs cette proximité élective et peut-être dangereuse avec des hommes d'affaires puissants.

Sans complexe, donc. A l'instinct. De toute évidence, Nicolas Sarkozy ne croit plus dans ce vieil adage de la Ve république : ''"Un président ne doit pas avoir d'amis "''. Il serait plutôt du genre ''"qui m'aime me suive"''. Et celle qui ne le quitte plus, c'est bien Carla Bruni. Du tarmac de l'aéroport de Louxor au très victorien hôtel Old Winter Palace, sur les bords du Nil, le couple se montre tel qu'il est : amoureux, se tenant par la main, marchant d'un même pas, saluant la foule. Touchant et glamour. Avec déjà un style bien à lui. Carla Bruni, masquant ses émotions derrière ses lunettes de star. Etrangement fragile, loin sans doute de ses repères parisiens. Parfois son visage disparaît dans le creux de l'épaule de Nicolas Sarkozy.

Lui se montre aussi déterminé et impérieux face au maelström ambiant que tendre et prévenant avec sa ''"campagne d'Egypte"''. Il rompt les codes des "''présidents amidonnés ''". Comme l'écrit l'éditorialiste Bernardo Valli de La Répubblica : ''"Sur le trône de De Gaulle, un président avec la chemise déboutonnée et les lunettes de soleil d'Alain Delon."''

"Kozy et sa copine"

''"Kozy et sa copine"'', formule familière trouvée de la presse tabloïd anglaise pour évoquer le couple, ne semblent même pas incommodés par le véritable barnum sécuritaire organisé autour de lui par le gouverneur de la ville, Samir Farag, qui s'est montré inflexible afin que tout soit fait pour ''"empêcher de gâcher le séjour"'' du président et de sa suite. Car Nicolas et Carla sont accompagnés dans ce voyage privé - prélude à un voyage d'Etat au Caire, les 30 et 31 décembre - par une dizaine d'amis et de proches - il aura fallu près de 16 Mercedes pour convoyer tout ce joli monde- parmi lesquels on trouve Pierre Sarkozy et sa petite amie.

Alors que l'on pouvait s'attendre à un soirée retranchée derrière les hauts murs du palace (où le président a réservé six suites), le couple a fait son ''"paseo"'' au clair de lune sur la corniche de Louxor. Les tenues sont plus décontractées. Jean et tee-shirt pour elle, veste de survêtement pour lui. Les lunettes n'étant plus de rigueur, bas les masques. Les sentiments qui les lient apparaissent à chaque regard. Ils se touchent, se câlinent, sont littéralement collés l'un à l'autre comme deux jeunes énamourés. Et l'on s'imagine déjà, Carla lui fredonnant ces quelques vers sa chanson ''"Le Toi du moi"'' : ''"Je suis la pluie et tu es mes gouttes/ Tu es le oui et moi le doute/ T'es le bouquet je suis tes fleurs/ Tu es l'aorte et moi le cœur/ Toi t'es l'instant moi le bonheur"''.

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Interrogé par un journaliste de l'AFP sur ses impressions de vacances, le président a préféré éluder la question, lâchant simplement : ''"Bonnes vacances à vous et joyeux Noël !"'' De retour de leur promenade nocturne, le chef de l'Etat a déposé un baiser sur la joue de sa compagne, la tenant par la hanche tandis qu'elle lui susurrait quelques mots à l'oreille au pied des marches du palace.
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