De mémoire de première dame française, on a rarement vu ça ! Au terme des fameux cent jours après l'élection de son mari, Cécilia Sarkozy a déjà fait la Une d'une dizaine de titres hexagonaux, des plus glamour aux plus austères. Un engouement que la presse étrangère partage. Partout en Europe et aux Etats-Unis, la personnalité de Cecilia intrigue, son allure séduit, son incroyable liberté fascine. On n'hésite pas à faire des comparaisons avec les first ladies locales, souvent à son avantage... Portrait de notre first madame à l'international.

Juan Pedro Quiñonero, correspondant du quotidien espagnol conservateur ABC.

Cécilia et Nicolas Sarkozy, c'est un peu votre famille royale ?
Cecilia est un personnage "vendeur". Même en Espagne. Et dans tous les genres de presse, people ou généraliste, de gauche ou de droite.

Au début, je croyais que cela intéressait mes concitoyens seulement parce qu'elle est une lointaine cousine de l'actuel maire de Madrid. Force est de constater que cela va bien au-delà. Madame Sarkozy attire, séduit, intrigue. Son côté incontrôlable, indépendant, sans doute. On guette ses "coups". On attend ses apparitions. En quelques mois, mon rédacteur en chef m'a demandé des dizaines de papiers sur elle et son couple. Sa phrase favorite était : "Mais où est Cécilia ?". Le jour de l'investiture, il fallait absolument avoir une photo d'elle en Une de notre quotidien ! Dans certain magazine espagnol, on la surnomme déjà "Cécilia Kennedy". J'ai l'impression qu'elle a supplanté les princesses de Monaco dans le cœur et l'intérêt des gens. Cécilia et Nicolas Sarkozy, c'est un peu votre famille royale. On aime ou on n'aime pas, mais avec eux, ça bouge. En comparaison, notre première dame, Sonsoles Espinosa, fait pâle figure. Elle est "grise", terne. Un personnage tristounet. Les Espagnols préfèrent les "aventures" de Madame Sarkozy.

Espagne : Sonsoles Espinosa Diaz

Espagne : Sonsoles Espinosa Diaz La bohème L'épouse du président du gouvernement espagnol est fille de militaire, d'où son caractère austère, "anti-people". Pas très vendeur pour une presse ibérique avide de potins. Vivre dans l'ombre de son mari (rencontré sur les bancs de la Faculté de Droit de Léon en 1981 et épousé le 27 janvier 1990), ne lui pose aucun problème existentiel. Ne pas avoir de rôle officiel inscrit dans la Constitution lui convient parfaitement. Elle assure un service minimum mais revendique le droit de continuer à vivre sa passion pour la musique. Car cette mère de deux enfants, Laura et Alba, tient à mener sa carrière de chanteuse lyrique et de joueuse de flûte.

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Quand son mari avait pris la présidence du PSOE à Madrid, elle avait renoncé à son poste de professeur de musique et de membre du prestigieux Chœur Universitaire de Léon. Zapatero tient aujourd'hui à s'acquitter de cette "dette morale" en facilitant la vie lyrique de sa soprane de femme. Cette dernière a ainsi fait des apparitions dans les chœurs du Théâtre Royal ou de la RTVE. En mai dernier, sans que les médias en soient informés, elle a intégré la troupe du Théâtre du Châtelet de Paris pour le Carmen kitsch et blasphématoire, de l'iconoclaste autrichien Martin Kusej. Seule concession, le metteur en scène a accepté que Sonsoles Espinosa Diaz ne joue pas "explicitement" un rôle de prostituée dénudée. La présence de deux gardes du corps et d'un diplomate accompagnant la first lady, l'a dissuadé de jouer au mauvais génie... R.M.
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