Seul le silence est grand, veut un adage. Tout le reste est faiblesse. Cécilia se l'était juré, en avait fait le serment devant des millions de Français, à l'heure de sa rupture avec Nicolas : "''Je vais essayer de tourner cette page et surtout, je vais essayer de vivre discrètement et dans l'ombre, comme j'aime''". Depuis deux mois, le silence de l'ex first lady la magnifiait. Cécilia, icône grandie par cette retenue qui n'était pas uniquement dû à une bonne éducation, et qu'aucun des évènements qui se précipitaient si vite - cette nouvelle histoire de coeur dans la vie de Nicolas - n'étaient venu écorner. Entre Londres, Paris et Genève, la jeune femme se reconstruisait peu à peu. Ce qui se passait sous les ors de la République lui semblait indifférent et elle avait d'ailleurs égaré le Blackberry qui contenait les numéros de téléphones de tant de courtisans.

Alors que penser ? Qui croire, lorsque l'énième épisode médiatique tourne au scénario d'un mauvais soap opera. A la saynète vaudevillesque. Lorsqu'un livre lui prête des propos si violents, si amers, que l'on imagine que ces confidences n'ont pu être dites et recueillies qu'un jour de vague à l'âme. Sous le coup de l'émotion ou du ressentiment. Pour être retranscris tels quels, dans leur crudité et leur cruauté. "''Il n'est pas digne... Nicolas, il ne fait pas Président de la République. Il a un réel problème de comportement''". Ou encore : "''Un homme qui n'aime personne, même pas ses enfants''".

Des confessions explosives

Morceaux choisis qui ne donnent qu'un faible aperçu du contenu explosif de ce livre-portrait, "Cécilia", rédigé par Anna Bitton, journaliste au Point, où il ne reste plus, sous les coups acérés, qu'un roi nu. Un homme seul en fait, aveuglé par le pouvoir. Un père de famille n'ayant jamais pris le temps, en dix-huit ans, de dîner avec sa famille autrement que d'un plateau repas et rechignant à régler, depuis son divorce, le reliquat d'une pension alimentaire... "''Même en renégociant, j'obtiendrai quoi ? Mille ou deux mille euros de plus. Ce n'est pas avec cela que je vais pouvoir vivre... Nicolas ne va pas laisser son fils sous les ponts quand même''". Remarque stupéfiante. L'entourage immédiat du chef de l'Etat n'est pas en reste, avec l'exécution en règle des conseillers, "''jeunes mecs se prenant pour les princes de Paris''", des ministres de Nicolas Sarkozy "''de jolies filles habillées en Dior. Des tapisseries''", ainsi que des amies d'hier, "''pétasses fardées et intéressées''".

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Devant les parlementaires, le chef de l'Etat avait fait le vœu d'une "''vie politique moins cruelle''". Sa vie sentimentale l'est hélas plus encore. "''Je trouve tout cela ignoble", se serait indigné le président, sans toutefois préciser si sa colère était dirigée contre son ex-épouse et/ou l'auteure du livre. Dans le cercle élyséen, Cécilia avait été jugée d'avance. Ingérable, "instable", voire même "très déséquilibrée''" comme Brice Hortefeux l'aurait suggéré à Anna Bitton. Cécilia, nouvelle Diana ? Epouse délaissée et narcissique, désormais incontrôlable, transformant un divorce en une affaire d'Etat, et ses ressentiments en autant de bombes à retardement ? Si l'on en croit encore la journaliste du Point, même l'homme pour lequel elle a quitté deux fois Nicolas Sarkozy et dont elle se dit éperduement amoureuse, se serait effrayé de sa dualité : "''Tu es double, lui aurait-il dit. Je vois bien que ce divorce, c'est la plus belle déclaration d'amour que tu pouvais me faire, mais il y a une autre Cécilia. Je l'ai déjà vue. J'ai peur d'elle''".
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