Pavarotti and Friends

Généreux, Pavarotti subjugue, et ne veut surtout pas garder ce trésor pour lui seul. De là naîtront les mythiques récitals des trois ténors où, de concert avec Placido Domingo et José Carreras, il enflamme le public au rythme des coupes du monde de football, de Rome à 1990 à Paris en 1998. Avec 2 milliards de téléspectateurs dans le monde pour ce dernier rendez-vous, leurs disques se vendent mieux que ceux de Madonna.

Indifférent aux hiérarchies pourtant bien ancrées dans l'univers lyrique, il poursuit sur sa lancée en se mélangeant sans complexe aux ténors de la pop, de Bono à Florent Pagny en passant par Céline Dion. "''Pavarotti and Friends''", chaque année à Modène, offusque les puristes mais rassemble des milliers de spectateurs, le tout au profit d'œuvres humanitaires.

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Au fil des ans, son pouvoir de séduction reste intact. Séducteur, l'homme l'est tout autant que l'artiste. "''On insiste toujours sur son poids, rappelle Eve Ruggieri, mais il était très beau. Il dégageait quelque chose d'irrésistible.''" Choyé par sa mère et par sa sœur, Pavarotti restera toute sa vie un homme à femmes. Sa première, Adua, lui donne d'ailleurs trois filles, et lui permet de mener une carrière internationale en se dévouant à leur vie de famille. Mais le ténor au grand cœur ne résiste pas aux beaux yeux de sa secrétaire, qui devient sa femme en 2003 et lui donne une dernière fille. Auparavant, le divorce, forcément à l'italienne, occupe la une des journaux, et coûte presque autant d'argent à Pavarotti que ses démêlés avec le fisc. "''Je me sens beaucoup plus léger''", déclarait-il avec humour après avoir payé une amende de 25 milliards de lires aux impôts.
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