Ombres et lumières d'une personnalité haute en couleurs, dont on a aussi relaté les caprices de tournée, notamment en matière de nourriture, et les annulations de dernière minute, surtout pendant sa tournée d'adieu, interrompue en 2005 pour cause de maladie.

Mais on pardonnait tout à Pavarotti. Car le "''divo''" aux 1001 excentricités gardait une âme de petit garçon, fidèle en amitié. L'an dernier, alors qu'on venait de l'opérer d'un cancer du pancréas, il racontait avec simplicité à un journaliste italien comment Giuseppe di Stefano, son confrère et aîné, l'appelait encore pour prendre de ses nouvelles. "''Sa voix, pour moi, est musique, est la musique. Il fut notre inspirateur''".

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Et, évoquant les complices de l'immortel trio des ténors : "''Placido Domingo est venu me voir plusieurs fois, José Carréras me téléphone. Ce fut une belle saison que la nôtre. Mais moi je ne veux plus m'entendre. Si tu m'invitais à dîner, et que pour me faire plaisir, tu mettais un de mes disques, je te laisserais en plan. Si tu veux que je reste, fais-moi écouter la voix de Placido''". Belle humilité de celui à qui l'on a reproché de ne pas savoir bien lire la musique, et qui le confessait volontiers : "''Je ne suis pas musicien comme Placido Domingo qui peut même diriger un orchestre''". Le grand chef d'orchestre Carlos Kleiber disait de lui : "''Quand Luciano Pavarotti se met à chanter, le soleil se lève sur le monde''". Jeudi 6 septembre, à Modène, alors que l'aube était pourtant sur le point de se lever, un soleil italien s'est définitivement éteint.

Un soleil italien

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