II faut parfois prendre un peu d'hauteur pour voir la vie autrement. C'est ce qu'a dû se dire, à 30 000 pieds d'altitude, la reine Sophie en apprenant la naissance de sa nouvelle petite-fille. Son avion vient à peine de décoller de Moscou, où elle a assisté aux émouvantes funérailles de son ami personnel, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, lorsqu'elle reçoit un message radio qui lui redonne le sourire. Au bout de la ligne, son fils Felipe lui annonce, très ému, que Letizia a donné le jour, vers 16h50 en ce dimanche 29 avril, à une petite fille de 3,310 kg et 50 centimètres.

Malgré les difficultés de la communication, "la nouvelle lui a fait vraiment, vraiment plaisir", raconte le prince des Asturies. Sophie est sur un petit nuage... D'autant plus que son huitième petit-enfant porte, en son honneur, le prénom de Sofia. "Nous l'avons décidé au dernier moment, poursuit le prince héritier.. Il y avait plusieurs noms de baptême dans notre liste finale, mais la princesse et moi-même avons voulu que la reine ait une petite-fille s'appelle comme elle". Si Sofia est un prénom inédit chez lez infantes d'Espagne, il s'avère particulièrement usité parmi les ascendantes et cousines germaniques et slaves de la reine Sophie. Mais au-delà de ces références historico-dynastiques, ce choix montre le respect, et plus encore la sincère affection, que porte Letizia à une souveraine qui l'a toujours soutenue, épaulée et conseillée. Touchée par ce geste, la souveraine se rend à la Clinique Ruber International dès son arrivée à Madrid vers 21 heures, pour prendre dans ses bras le nouveau-né, qui selon sa première impression, "ressemble terriblement à sa sœur Leonor".

Peu de temps auparavant, Felipe, qui a assisté à l'accouchement, a tenu une conférence de presse devant des centaines de journalistes prévenus, par SMS à 17h28, de l'heureux dénouement. Le fils du roi Juan Carlos apparaît nerveux, les traits tirés, mais soulagé par le succès de la césarienne pratiquée par le gynécologue Luis Ignacio Recasens. "Tout s'est déroulé comme prévu, confie-t-il dans un soupir." Usant de la formule traditionnelle, il a confirmé que la "mère et l'enfant se portaient bien"...

A 12h45, Letizia est arrivée précipitamment à la clinique Ruber, prestigieux établissement privé du nord de Madrid où elle a déjà donné naissance à sa première fille, Leonor, le 31 octobre 2005. Les photographes qui campent, pour certains, depuis trois semaines devant les grilles de l'établissement hospitalier, ont à peine le temps d'entrapercevoir la monospace dans laquelle ont pris place Letizia et Felipe. A 16h45, la mère de la princesse, Paloma Rocasolano, et le chef de la Maison du Roi, Alberto Aza arrivent sur les lieux. Cinq minutes à peine plus tard, la petite Sofia naît.

Pas de surprise sur le sexe de l'enfant puisque le palais de la Zarzuela (fait unique dans l'histoire de la couronne) avait rendu public cette information dès le 27 novembre dernier. Une manière de couper court aux spéculations sur un problème dynastique si le futur bébé avait été un garçon, et donc à une révision de l'Article 57 alinéa 1 de la Constitution instituant la règle de la "primogéniture avec préférence masculine au même degré". Les infantes Leonor et Sofia occuperont le même rang dans l'ordre de succession jusqu'au jour où leur père montera sur le trône. José Luis Rodriguez Zapatero, le premier ministre socialiste et progressiste, tout en se félicitant de cette naissance "assurant la ligne successorale de la monarchie espagnole", n'a d'ailleurs pas estimé urgent de ressortir le projet de révision constitutionnelle (pourtant annoncé à son arrivée au pouvoir en 2004).

Mais que se passera-t-il le cas à l'annonce d'une troisième grossesse (d'autant plus délicate que les deux premières naissances sont intervenues par césarienne) ? Le très libéral El Mundo pose la question... Felipe affirmait il y a déjà trois ans vouloir "avoir plus de deux enfants mais moins de cinq". Dans son intervention face à la presse le 29 avril, il a juste précisé que "Leonor et Sofia vont nous donner beaucoup de travail... Alors pour l'instant laissez nous profiter de ces moments heureux". Cette naissance apporte d'ailleurs un peu de joie dans la Maison royale traumatisée après le drame provoqué par la disparition brutale de la soeur de Letizia, Erika.

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Un sentiment partagé par la grand-mère de Letizia, Menchu Alvarez del Valle : "La vie est un puzzle fait de pièces tristes et joyeuses. Aujourd'hui, c'est un jour pour nous réjouir. La vie est toujours plus forte que la mort..." Sans doute est-ce pour cela que la princesse Letizia a reçu autant de marques d'attention, de cadeaux, et s'est trouvée très entourée par tous les membres de la famille Ortiz mais aussi par les Bourbons avec les visites à la clinique des infantes Elena et Cristina, puis du roi Juan Carlos. Depuis la naissance de Sofia, elle ne s'est jamais trouvée seule dans sa chambre n°17. La reine Sophie est ainsi revenue la voir très tôt le lendemain matin de la naissance car elle devait se rendre à Barcelone pour assister au cinquième anniversaire d'un autre de ses petits-enfants, Miguel, fils de l'infante Cristina et d'Iñaki Urdangarin.

A sa sortie, la reine a déclaré que "la maman et la petite avaient passé une première nuit parfaite" et que Sofia "n'est pas un nouveau-né qui ne pleurait jamais". L'infante Elena a souligné que le bébé est "beau et mange très bien". La petite Leonor a pu le constater par elle-même dès mardi en se rendant auprès de sa mère et de sa petite soeur à qui elle a "donné beaucoup de baisers" selon les propos d'un Felipe, visiblement très heureux. Le prince des Asturies a précisé que sa fille aînée ne s'était "pas montrée du tout jalouse". Le roi, lui, n'a pas tenu à s'exprimer considérant que la tragédie de Palence (six morts dans un terrible incendie) exigeait "une attitude respectueuse envers la douleur des proches des victimes". Sofia ne lui en voudra pas dans quelques années en feuilletant les images de son album d'enfance. Son nom ne signifie-t-il pas en grec sagesse...

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"Un prénom magnifique !", s'est exclamée Letizia, à sa sortie de la clinique, vendredi 4 mai à 18 heures. Et qui sied à ravir au bébé. Sage comme une image, Sofia, âgée de cinq jours, est restée profondément endormie dans les bras de sa maman malgré les cris des 300 journalistes et d'une foule compacte, venue de toute l'Espagne, saluer sa nouvelle petite princesse. Malgré les encouragements de Letizia, rayonnante et apparemment très en forme, Sofia, rose et blonde, n'a pas daigné jeter un regard à un public conquis d'avance. Leonor en a donc profité pour piquer la vedette à sa petite sœur, en esquissant un salut de future reine.

Pas de surprises

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