Le fils de la princesse Caroline ne sera plus jamais le même. Deux ans après le voyage de sa mère, il a découvert à son tour l'enfer des bidonvilles aux Philippines. Une expérience bouleversante, partagée avec son amie Tatiana Santo Domingo, venue le rejoindre.

L'autre visage d'Andrea

Ce voyage à Manille, Caroline l'a voulu pour son fils comme une "épreuve initiatique". A 22 ans, il était temps qu'Andrea, privilégié par sa naissance, confronte son regard avec le monde tel qu'il est, se forge par lui-même, au contact d'une réalité bien différente de celle d'un étudiant parisien, sa propre échelle des valeurs. En ce 23 août, le jeune homme ne s'est pas dérobé. Il est là, dans une chambre d'à peine 15 m2, ressemblant plus à une prison qu'à un lieu d'accueil, où s'entassent une trentaine de ces "enfants des rues" philippins dont l'histoire est malheureusement toujours la même. Vendus par leurs parents à des réseaux mafieux, livrés à la rue, la drogue et la prostitution. Face à cette détresse la plus extrême, à laquelle rien ne l'a préparé, le jeune homme reçoit un choc. La confrontation est brutale. Son visage, dont les traits se creusent tout à coup, n'a plus que l'apparence de l'angélisme. Après un premier moment d'hésitation, Andrea trouve spontanément les mots et les gestes avec les deux cents pensionnaires du RAC (Reception and Action Center), adolescents en déshérence, jeunes mères, handicapés mentaux ou encore personnes âgées qui, malgré le manque de moyens, lui ont préparé un accueil touchant. Sur une guirlande de fortune rouge et blanche, faite de sacs en plastique, il peut lire : "Welcome and Mahubay Andrea". Soudain, une jeune femme anonyme lui tend son enfant. Bouleversé, il prend le nouveau-né dans ses bras...

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Flash-back. Il y a deux ans, presque jour pour jour, Caroline s'était retrouvée, au même endroit, dans une situation presque identique. Une jeune mère lui avait alors raconté sa vie brisée et lui avait adressé cette supplique : "Je veux voir mon bébé pour le soir de Noël !" Depuis le passage de la princesse, et grâce aux efforts de l'AMADE et de l'association Virlanie, les choses ont changé. Aux six travailleurs sociaux dépêchés par le gouvernement, s'est ajoutée désormais une équipe médicale de quatre personnes dont une infirmière à plein temps. Autre grande victoire de Caroline, après un fort lobbying de la princesse, le gouvernement vient de voter en mai une loi interdisant la détention des enfants de moins de quinze ans - lors de sa visite en octobre 2004, elle avait rencontré au Manilla Youth Reception Center, prison des mineurs située en face du RAC, des enfants âgés de neuf ans ! Un premier pas a été franchi... mais Andrea découvre à son tour ce centre de détention où 250 adolescents vivent dans d'effroyables conditions d'hygiène et de promiscuité. Dans cet univers carcéral qui ressemble à l'enfer, le voleur de mangue côtoie le meurtrier ou le violeur. "Je me bats pour donner aux enfants le moyen de s'en sortir, confie à Andrea Dominique Lemay, le fondateur de Virlanie. Leur offrir une éducation, c'est leur donner une forme de liberté pour l'avenir. Mon moteur dans la vie, que ce soit au RAC ou dans les rues de Manille, c'est de leur rendre le sourire. - Il faut garder l'espoir, lui répond le fils de Caroline. Aucune cause n'est désespérée tant qu'il y a de la vie." La vie en germe même dans le terreau de la misère. L'humanité qui garde ses droits quelles que soient les conditions.

Si vous voulez soutenir l'action de l'Amade, voici leur site.

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