Ils se sont rencontrés à Venise, il y a dix huit mois. Elle va donner naissance à leur premier enfant. Le discret businessman et la brûlante latine d'Hollywood sont sur un nuage.

Voilà une petite fille qui ne devrait manquer de rien, héritière d'une lignée pour le moins inattendue : une bonne dose de sang breton du côté de papa, l'homme d'affaires François-Henri Pinault, 45 ans ; un pincée de piment sud-américain et une pointe de charme oriental par maman, l'actrice Salma Hayek, 41 ans. Pourtant, il y a quelques mois, personne n'aurait misé un pesos sur pareille romance, l'union de la "bimbo et du milliardaire", celle "d'Hollywood et de la haute finance", la pulpeuse "brunette" comme disent les Américains, et le fils de l'industriel du luxe François Pinault. Aussi nature et discret que son père aime faire parler de lui.

L'histoire de leur coup de foudre ne doit rien au hasard. Il s'inscrit au chapitre des rencontres de légendes, à l'image de celle d'une Grace Kelly découvrant le prince Rainier de Monaco lors d'un rendez-vous monté de toute pièce au cours du festival de Cannes 1955. Cette fois, ni pellicule, ni rocher, mais le sublime décor de la lagune de Venise, la découverte d'un art ultra contemporain et la perspective d'une belle soirée de gala. Ce 29 avril 2006, on inaugure en grande pompe la fondation Pinault au Palazzo Grassi. Après bien des atermoiements, François Pinault vient effet de racheter à la famille Agnelli ce palais XVIIIe, pour y installer une partie de sa collection encore inédite. La fête promet d'être grandiose, mais risque de manquer de people d'envergure internationale au goût des organisateurs. On scrute les alentours. Coup de chance : Penelope Cruz et Salma Hayek sont à Rome pour la promotion du western Bandidas. Tandis que Penelope décline l'invitation, Salma se laisse tenter, ravie de découvrir Venise.

Une rencontre inattendue

Une suite est réservée à l'hôtel Bauer, sublime palace XVIIIe où la famille Pinault a également posé ses valises. La situation est idéale : au bord du Grand Canal avec vue sur le dôme de la basilique Saint-Marc. Un vrai temps breton souffle sur la lagune, secouant le motoscafo qui emporte les invités vers la fête. François-Henri et Salma partagent l'un de ces superbes hors-bord en bois verni pour rejoindre la Corderie de l'Arsenal. Sous les voûtes de pierre blanche de l'ancien chantier naval plongé dans une demi-ombre féerique, elle sera sa cavalière d'un soir, en robe couleur de nuit et subtils effets de transparence.

Le monde de la mode, des affaires, du cinéma et de l'art contemporain a répondu à l'invitation de Maryvonne et François Pinault. Ernest-Antoine Sellière discute avec Lakshmi Mittal, Muccia Prada croise Bernard Picasso, Jeff Koons ("l'artiste vivant le plus cher du monde") savoure sa gloire en smoking.

Salma Hayek s'acquitte de sa mission à merveille, pose aux côtés de Dominique et François-Henri, les deux fils de François Pinault, musclant ainsi l'envergure internationale de l'événement. C'est sans compter sur la présence de Cupidon, qui s'invite subrepticement à leur table. "D'un seul coup, on a vu François-Henri fondre pour sa voisine de droite, laquelle n'a pas ménagé ses effets. Ils semblaient seuls au monde", raconte l'un des 918 témoins de la scène. Soit l'assemblée au complet... moins les deux tourtereaux qui remarquent à peine l'extrême finesse du dîner préparé par le chef Pierre Gagnaire. Entre la blanquette de veau de lait truffée sur un lit d'oignons aux artichauts, le château latour 1988 (propriété de François Pinault) et la crème prise à la vanille de Tahiti, jus de fraise et de poivron rouge au safran, le coup de foudre embarque tout sur son passage.

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Mais François-Henri Pinault est un gentleman, pas du genre à griller les étapes. De retour à Paris, ce jeune divorcé, père de François, 8 ans et Mathilde, 5 ans, file à la Fnac (il en a été le patron pendant quelques années, l'enseigne appartient au groupe familial) pour rafler tous les films de la belle. Desperado avec Antonio Banderas, Traffic avec Michael Douglas, Une nuit en enfer avec George Clooney, et surtout Frida sorti en 2002. C'est LE rôle de Salma Hayek, pour lequel elle s'est battue corps et biens, au point de puiser dans ses réserves pour produire elle-même ce récit de la vie extravagante de la peintre mexicaine Frida Kahlo.
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