Tout le monde attendait Charlene. Les Monégasques n'ont eu que Caroline et Stéphanie, en demi-deuil, l'air grave, entourant leur frère, arborant un masque triste et maussade, plus solitaire que jamais...

Le désenchantement du prince

Comme il se doit, la cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée-Conception était décorée de drapeaux monégasques et d'énormes bouquets de roses rouges et blanches aux couleurs de la principauté. Mais au lieu d'un joyeux Te Deum, d'une messe d'action de grâces, les sujets d'Albert II auraient pu se croire revenus au 15 avril 2005, pour un autre Requiem en mémoire de Rainier III. Symboliquement d'ailleurs, le 19 novembre, où l'Eglise célèbre le bienheureux Rainier d'Arezzo, restera le jour de la fête nationale. Albert II en a décidé ainsi, comme s'il voulait arrêter le temps, comme si son père n'était pas mort depuis plus d'un an.

En réalité, le prince a-t-il vraiment endossé son costume de souverain, ou soudain cette charge lui semblerait-il trop pesante ? Confusément, chacun sent bien qu'il lui manque quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. N'a-t-il pas d'ailleurs laissé échapper, dans la dernière phrase de son interview exclusive à TMC : "Si on ne partage pas des moments forts avec les personnes que l'on aime, on ne peut pas envisager l'avenir ?" Une déclaration, en forme d'aveu, qui en dit long sur ses états d'âme. La tendre complicité du prince, aux J.O. de Turin, en février dernier, avec une belle nageuse sud-africaine avait fait croire que s'écrivait un nouveau chapitre du roman de Monaco. De mois en mois, on avait revu Charlene Wittstock au Bal de la Croix-Rouge ou au Grand Prix de Monte-Carlo, acquérant un statut de presque fiancée, déjà intégrée dans le "clan Grimaldi". Désormais, la famille princière se retrouve seule face à elle-même.

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Et c'est le formidable élan d'enthousiasme qu'Albert II avait donné le 12 juillet 2005, dans son discours d'avènement, qui paraît s'être brisé. "J'ai fait moi aussi un rêve, disait-il alors. Depuis longtemps, j'ai rêvé d'un pays qui fonctionnerait comme un modèle dans toutes ses dimensions". Modèle d'éthique financière, d'excellence industrielle, de respect environnemental. Aujourd'hui, devant les caméras de TMC, Albert II se contente, d'une voix mal assurée, d'expliquer que les tarifs des bus monégasques vont bientôt baisser et que la principauté va se doter d'une maison spécialisée pour les personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer.

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Louables mesures, que l'on attendrait du maire d'une grande ville ou d'un président de conseil général. Mais pas du chef d'Etat qui, il y a quelques mois, lançait du Pôle Nord, un cri d'alarme sur le réchauffement climatique à la communauté internationale. Son Altesse Sérénissime Albert II de Monaco aurait-il donc renoncé à rêver ?

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