Raison n°1 - Albert veut, pour le moment, protéger Charlene.

La scène se déroule sur le plateau de la célèbre émission d'ABC, "Good Morning America". Albert vient à peine de ranger son smoking blanc au vestiaire et de dire au revoir à Charlene après le gala de la Croix-Rouge, qu'il stupéfie son auditoire américain en déclarant, tout de go, et avec un certain sang-froid d'acteur : "Je n'ai pas plus de projet dans l'immédiat que dans un futur lointain. Comme vous le savez, à chaque fois que l'on me voit en compagnie d'une jolie fille, ce qui arrive plus d'une fois, tout le monde prononce la fatidique lettre M".

Nous sommes à la mi-août, et le souverain monégasque a traversé, seul en effet, l'Atlantique pour assister à l'ouverture du festival de jazz de Newport. De son côté, Charlene a regagné, solitaire, l'Afrique du Sud. Le prince est venu à Rhode Island fêter le 50e anniversaire de High Society (Haute Société), le dernier film tourné par Grace Kelly, comédie musicale dont Cole Porter avait signé la musique. Evidemment, les journalistes américains, se souvenant qu'en 1955 Rainier avait annoncé ses fiançailles à Philadelphie, espèrent assister à un remake. Avec d'autant plus de curiosité que les récentes révélations sur l'existence de Jazmin Grace, la fille cachée du prince, ont relancé depuis quelques mois l'intérêt pour la chronique monégasque.
Charlene et Albert déconcertent une fois encore. Et l'on peut s'étonner des propos assez étranges d'un homme qui s'est pourtant toujours comporté en gentleman. La charmante nageuse sud-africaine ne serait donc rien de plus qu'une "jolie fille" dans la longue liste des prétendantes ? Bientôt un prénom oublié appartenant au passé sentimental d'Albert. Mais alors, pourquoi l'avoir ainsi exposée, au risque d'une cruelle désillusion, lors du grand rendez-vous mondain de l'été ? Juste après lui avoir fait goûter au fruit défendu, palaces, diamants, toilettes de grands couturiers, dîner en tête-à-tête et soirées en société... Le carrosse redevenu citrouille, on croise la jeune femme, presque anonyme, dans le hall de l'aéroport de Nice. Depuis, Cendrillon n'avait plus donné de nouvelles. Jusqu'à ce dimanche 27 août.

Charlene est de retour sur le Rocher. Plus charmante que jamais dans un ensemble western chic, aux côtés d'Albert, veste marine et pantalon blanc de yachtman. Le couple ne se cache pas plus aujourd'hui qu'hier. Dûment "badgés", Albert et Charlene se promènent en toute tranquillité, au milieu du public, observant de loin les compétitions du championnat du monde de jet-ski. Certes, l'événement sportif est presque aussi spectaculaire que le Grand Prix de F1, mais il ne valait pas vraiment le déplacement de Durban.
Apparemment, Albert et Charlene supportent de moins en moins l'épreuve de la séparation. Les rendez-vous se font de plus en plus rapprochés. Et leur mariage reprend de la cote auprès des bookmakers. Le démenti du prince n'était là que pour donner le change. Albert a soufflé le chaud et le froid pour protéger Charlene. Avant sa véritable entrée sur la scène médiatique, et une annonce qui pourrait avoir lieu en novembre prochain, lors de la fête nationale, à l'occasion du premier anniversaire de règne d'Albert II de Monaco.

Le prince s'accorde un délai de réflexion

Raison n°2 - Le prince s'accorde un délai de réflexion.

Il faut savoir lire Albert dans le texte. Entre les lignes des interviews où le prince martèle le même message. Rien, aucune pression, qu'elle vienne de son entourage ou de l'extérieur, ne le forcera à se décider. Rainier en personne, qui avait fait du mariage de son fils une affaire personnelle, s'était heurté à un mur. Aujourd'hui encore, c'est la même antienne, au risque de décourager. "Je ne me marierai pas sous la pression des médias et des qu'en-dira-t-on. Même si j'ai 48 ans, je ne veux rien précipiter. Il faut laisser faire le cours des choses. Le moment viendra où je créerai une famille. Et je vous préviendrai !". Albert se laisse donc du temps. Celui d'éprouver ses sentiments, de laisser vivre d'elle-même cette histoire. Les jours passent, les semaines qui font des mois. La passion est-elle intacte ? Et puis sur cette question, qui relève aussi de l'affaire d'Etat, Albert se demande forcément si Charlene est prête à endosser le rôle. La manière dont, depuis un an, il a, graduellement, pas à pas, accompagné son entrée en scène, plaide pour cette hypothèse. Le prince a pris le parti d'imposer la jeune femme sans la brusquer. En la préparant progressivement à la vie qui sera la sienne.

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Au mois de juin dernier, c'est le premier grand gala au Sporting Club et la présentation à Stéphanie et Caroline. Charlene découvre le palais et la demeure de Roc-Agel, cette résidence privée des Grimaldi dont jamais encore aucune prétendante n'avait eu les honneurs. Charlene est encore un peu crispée par l'enjeu. Et son sourire n'est qu'une façade. Alors le souverain dépêche auprès d'elle l'ancienne dame d'honneur de Grace, madame Paul Gallico, censée lui donner les clés d'un univers assez éloigné du sien. Au début du mois d'août, la jeune femme n'ignore plus rien des codes et des usages. Lors du gala de la Croix-Rouge, son chevalier servant d'un soir se nomme Georg-Friedrich de Prusse, et le prince Albert ne s'affiche pas à son bras, même si les photographes parviennent à saisir leurs gestes tendres. L'évidence est là. Charlene a charmé tous les invités par son naturel. Elle rit avec Stéphanie, plaisante avec Ernst-August. Elle est aussi très belle. Et son allure est celle d'une princesse. Alors. Qu'attend donc Albert ?
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