La princesse des Asturies est enceinte. L'Espagne jubile ! Mais la naissance possible d'un garçon ravive déjà les débats et la polémique sur la succession au trône.

Letizia et Felipe : Un héritier pour le mois de mai !

Simple comme un coup de fil. Ou plutôt un SMS. "Presse Zarzuela : les princes des Asturies attendent leur second enfant pour début mai". Il est 17h23, lundi 25 septembre, lorsque les portables des spécialistes royaux des rédactions espagnoles découvrent, médusés, le message lapidaire envoyé par la Casa Real. Letizia enceinte !

Onze mois seulement après la naissance de la petite Leonor. La nouvelle a de quoi décontenancer. La presse ibérique, qui ne lâche pas d'une semelle la très emblématique princesse des Asturies, la photographiant au quotidien sous toutes les coutures, ne s'attendait pas à un tel événement. D'autant que la silhouette sylphide de l'épouse du prince Felipe ne pouvait apporter le moindre indice sur une possible grossesse. Au contraire, son extrême minceur a relancé les rumeurs d'anorexie. Et même les images tendres et amoureuses du couple princier (et plus encore le visage rayonnant de Letizia), lors des vacances à Palma de Majorque, n'ont rien laissé soupçonner. De toute évidence, la Maison royale a tenu à prendre tout son monde de vitesse. Habituellement, ce genre de communication survient vers la fin du premier trimestre. Là, elle est arrivée après quelques semaines. Une façon de couper court aux ragots sur des problèmes de santé ou d'anorexie pouvant faire les choux gras de la presse à sensation. La princesse avait été, dit-on, très affectée par ce genre d'insinuations apparues, ici et là, lors des mois précédant l'annonce officielle de sa première grossesse. Si, par cette manœuvre, la cour d'Espagne s'épargne d'éventuelles polémiques, elle ne pourra pas éviter les centaines d'articles consacrés à la place dynastique qui sera dévolue au huitième petit-enfant du roi Juan Carlos et de la reine Sophie.

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Actuellement, Leonor, née le 31 octobre 2005, occupe le second rang derrière son père, le prince Felipe, pouvant ainsi légitiment espérer devenir un jour la première femme chef d'Etat espagnol de plein droit depuis Isabelle II (1833-1868). Mais ce destin exceptionnel pourrait être contrarié en cas de naissance d'un cadet de sexe masculin. Car la constitution espagnole de 1978, dans son article 57, accorde toujours aux hommes la prééminence sur les femmes. Le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero avait pourtant laissé entendre qu'il proposerait une réforme constitutionnelle pour supprimer cette disposition discriminatoire (de l'article 56 à 65). Cette initiative avait été appuyée par l'ensemble des formations parlementaires, de droite comme de gauche, et surtout par une large majorité de l'opinion publique. Mais le Premier ministre a, semble-t-il, rangé dans un tiroir cette proposition, jugeant trop dangereux d'ouvrir une réforme de la constitution qui pourrait servir de prétexte à certaines formations politiques pour remettre en cause les piliers de la jeune monarchie parlementaire. Bien que républicain dans l'âme, Zapatero redouterait que cette histoire ne vire au référendum sur la monarchie.

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Face à cet embrouillamini juridico-dynastique, le porte-parole de la Zarzuela a réaffirmé que tant que Felipe, 38 ans, et Letizia, 34 ans, ne porteront pas la couronne d'Espagne, les enfants du couple, qu'ils soient garçons ou filles, recevraient le prédicat d'altesse royale, les titres d'infante ou infant et occuperaient le même rang dans la dévolution au trône. Une position de Normand repoussant à plus tard une lutte pour le pouvoir. Mais pour l'heure, au palais royal, on préfère évoquer la "grande joie des souverains à l'annonce de cette nouvelle" que d'évoquer une guerre des Atrides version bourbonienne...

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