Un denier adieu, triste, si triste, et pluvieux... Letizia s'avance le regard figé, presque absente. Elle résiste, ne veut pas s'écrouler. Pas maintenant. Plus tard. Ailleurs peut-être, auprès des siens. Maintenant, il lui faut tenter de faire bonne figure. Elle y parvient vaille que vaille, avec dignité et courage. Elle serre les dents, se mure dans un silence de pierre. Surtout à cet instant, où sous une pluie battante, froide et insidieuse, la princesse Letizia, tout de noir vêtue, pénètre dans le crématorium de la Paz accompagnée de sa mère, de sa grand-mère et du prince Felipe. Elle se doit de soutenir ses parents terrassés de douleur, celle d'avoir perdu leur fille, Erika, la petite cadette artiste et bohème, Erika, la mère douce et fragile de Carla, une enfant à peine âgée de six ans. Erika qui aurait eu trente deux ans en avril prochain...

Pour Letizia, c'est plus qu'une sœur qui vient de lui être arrachée violemment. C'est une amie, une confidente. Un pilier de sa vie. Celle qui l'avait soutenue à bout de bras au début de son idylle improbable avec le prince Felipe. Son bonheur, c'était leur bonheur à toutes les deux. Mais voilà... Pour cet ultime hommage à Erika Ortiz (dont la dépouille a été incinérée dans un crématorium de Tres Campos dans la banlieue nord de Madrid, après une brève cérémonie religieuse officiée par le chapelain de la Zarzuela, Serafin Sedano), la famille royale espagnole est là, soudée autour de Letizia : le roi Juan Carlos, les infantes Elena et Cristina, et leurs époux, Inaki et Jaime. La reine Sophie, de retour d'un voyage en Indonésie, n'a pu arriver à temps pour la cérémonie. A la sortie, soutenue par Felipe, la princesse Letizia, enceinte de six mois de sa deuxième fille, a trouvé la force pour déclarer avant de fondre en larmes : "Je voudrais remercier toutes les personnes qui se sont senties attristées par la mort de ma petite soeur, rien de plus."

Rien de plus et pourtant il reste bien des questions sans réponse. Car à l'heure où nous mettons sous presse, la cause du décès d'Erika retrouvée sans vie à son domicile n'a pas été officiellement révélée. Les circonstances demeurent confuses voire contradictoires selon les sources. Que s'est-il réellement passé au septième étage de cet appartement situé dans le quartier madrilène de Valdebernardo ? Certains médias espagnols n'écartent pas l'hypothèse du suicide provoqué par une profonde dépression de la jeune femme. D'après l'édition en ligne du quotidien El Pais qui a tenté de reconstituer le scénario de la disparition, il semble désormais avéré que la jeune femme s'était rendue normalement à son travail vendredi, avant de demander deux jours de congé, lundi et mardi. Cette décision n'avait éveillé les soupçons de personne au sein de la maison de production espagnole, Globomedia, où elle travaillait comme dessinatrice au département décoration. D'autant qu'Erika, précise le quotidien madrilène, "avait souffert par le passé de problèmes de stress et d'anxiété".

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Elle venait d'ailleurs de rentrer d'un congé maladie d'un mois et demi. A partir de là, les versions divergent. Pour les uns, la jeune femme aurait passé la nuit toute seule. Sa fille se trouvant chez une voisine qui s'occupait d'accompagner tous les matins l'enfant à l'école. Pour d'autres, la petite Carla aurait passé la nuit avec sa mère et serait partie avec la voisine vers neuf heures du matin. Tous les témoignages convergent vers un point. Erika était bien seule durant cette funeste matinée. Certains amis proches disent avoir tenté de la joindre par téléphone. En vain. L'alerte était donnée. Entre onze heures et onze heure trente, le nouveau compagnon d'Erika (qui venait lui aussi dit-on de rompre avec une ancienne amie) arrive dans l'appartement et découvre le corps sans vie de la jeune femme, allongée sur le lit de la chambre à coucher. Le décès est rendu public très rapidement, vers midi. Deux heures plus tard, la Casa Real confirme l'information. "La Maison royale s'en remet à la confirmation du décès par la famille" de la défunte, qui a demandé aux médias de faire preuve de "respect" dans cette épreuve, déclare un porte-parole la Zarzuela à l'AFP.

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Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero présente aussitôt ses condoléances à la famille royale et demande à la presse "un maximum de respect" autour de cet événement. Des fonctionnaires du palais prennent la situation en main. Car, le N°40 de la rue de la Ladera de los Almendros devient le centre d'attention de millions d'espagnols bouleversés par cette tragédie. El Mundo parle de "commotion nationale". Des unités de la police scientifique, de la brigade des Homicides de Madrid et la police judiciaire investissent la place. Les premiers indices retrouvés au domicile d'Erika semblent écarter la "participation d'un tiers dans cette disparition". Selon El Pais, on aurait trouvé "un tube de barbiturique vide dans la maison".

Des circonstances confuses

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