Les Pygmalions
Jean-Gabriel Domergue. "Tout commence avec (lui). J'ai seize ans. (...)un peintre recherche des modèles. (...) Il me dévisage et me prie de le suivre. Un peu confuse et ravie, j'entre dans un grand salon transformé en atelier. Il me demande de me dévêtir, ce que je fais sans réfléchir, comme si j'étais chez le médecin. D'un coup d'œil rapide, il détaille mon corps, tourne autour de moi, a l'air satisfait : "Vous commencez demain, mon petit."
Je n'en reviens pas, moi qui pensais avoir un physique ingrat... Mais je corresponds en fait exactement à ce qu'il aime, la Parisienne mi-ingénue, mi-perverse, avec mes yeux en amande, mon nez en trompette et mon petit air mutin, c'est comme si j'étais sortie d'un de ses tableaux. Sans parler de ma jolie poitrine qu'il est le premier à admirer en véritable esthète."

Marc Allégret. "Quand je fais sa connaissance, il a quarante-huit ans, mais l'âge n'a aucune importance quand on a le charme. Grand, mince, les cheveux noirs gominés, une très belle bouche sensuelle. Je suis fascinée. Je tombe aussitôt amoureuse de lui (...).
Mon premier grand amour (...) avait tout pour plaire. Non seulement cet attrait physique, mais l'univers dans lequel il évoluait était passionnant. Fils spirituel d'André Gide, il avait grandi au milieu d'écrivains et d'artistes.
A peine sorti de l'adolescence,
il rencontrait Paul Valéry, Jean Cocteau, Erik Satie, Pablo Picasso. En 1932, il obtint un premier succès avec son film Fanny d'après Marcel Pagnol, et le succès ne le quitta plus. (...)"

Les play-boys

Les play-boys Boris Vian. "A dix-sept ans, je n'étais pas encore un monstre d'ambition. J'étais capable de suivre un inconnu parce qu'il me faisait rire et qu'il sortait de l'ordinaire. Il faut dire que ce grand jeune homme un peu fou était particulièrement brillant. C'est à Saint-Tropez que nous nous sommes connus. Je crois que c'est Saddrudin Aga Khan qui me l'a présenté.Boris avait une singularité qui tranchait. Pas beau au sens classique, mais une allure incroyable, très grand, avec un visage intéressant, un large front et un regard qui vous transperçait, un regard narquois et désabusé, on sentait une folie, une sauvagerie qui fascinaient."

Sacha Distel . "Le charme incarné. Avec son allure de jeune homme de bonne famille, son costume et sa cravate, il n'avait tien de la folle "slave" de Boris, mais une bonne humeur, une gaieté communicatives. Et ce sourire ! Personne ne pouvait résister. Pas même moi... On était jeunes, beaux et insouciants, c'était la belle vie ! Un jour, il m'a dit : "Mes parents m'ont inculqué un principe : on ne montre que le sourire." Cela m a tellement touchée que j'en ai fait aussi ma devise.

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Roger Vadim. "Celui-là était un vrai homme à femmes. Quand je fais sa connaissance en 1953 chez Mare Allégret, il est journaliste à Paris Match et assistant du réalisateur. Il a vingt-cinq ans et il est d'une beauté à tomber. D'ailleurs, c'est sans effort qu'il a séduit Brigitte Bardot et qu'il l'a épousée un an plus tôt. Bien des années plus tard, je me suis retrouvée avec Roger dans un avion entre Los Angeles et Paris. L'incorrigible amoureux des femmes semblait enfin apaisé, voire un rien nostalgique. "II y a des erreurs que je regrette d'avoir commises", m'a-t-il avoué entre deux gin tonic. Mais cette fois, il était pleinement heureux. Il avait trouvé l'équilibre dans les bras de Marie-Christine Barrault qu'il avait épousée en 1990."
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