C'est une histoire de rayonnement où le passé et le présent se conjuguent sur le mode impératif du talent.
Gabrielle Chanel qu'on ne présente plus sauf pour rappeler qu'elle a aussi créé des costumes pour les fameux Ballets Russes et qu'elle fut fidèle à Diagilev jusqu'à payer pour son enterrement, Nijinsky ( pour mémoire, prestigieux danseur et chorégraphe, sublime interprète du scandaleux l'Après-midi d'un faune)... Mais encore La Compagnie des ballets de Monte-Carlo, Chanel et donc Karl Lagerfeld.

C'est aussi une histoire de fidélité, d'amitié et de passions où les arts se sont retrouvés sous les ors de l'Opéra de Monte Carlo et sous la présidence de la princesse Caroline dont le goût pour la danse date de ses premiers pas en tutu alors qu'elle n'était qu'une enfant et que sa maman, la princesse Grace, présidait aux destinées des ballets de Monte Carlo. C'est enfin des moments de grâce partagée qui se sont déroulés entre le mythique hôtel de Paris et l'opéra de Garnier, récemment réouvert après 6 ans de travaux de restauration, dans un ballet d'émotion, de beauté et de création sous l'égide de la maison Chanel.

Un pas de deux qui a commencé par la présentation unique d'une collection de 68 modèles de "haut luxe" créés par Karl Lagerfeld pour sublimer le savoir-faire des plumassiers, brodeur, chausseur... Sept maîtres d'art traditionnels tels Lesage, Lemarié ou Massaro dorénavant dans le giron de la société Chanel. Dans la salle, à 11h30 pétantes, protocole impose, se sont retrouvées les meilleures clientes de la côte, la presse internationale et la high society de Monaco venus assister au défilé dont les précédentes éditions avaient eu lieu en 2004 et 2005 à Tokyo et New York. S'est alors assise au premier rang d'orchestre la princesse Caroline -c'était la première fois depuis la mort de son mari Stephano Casiraghi qu'elle assistait à un défilé de mode- accompagnée de sa fille Charlotte, plus que ravissante, et de la charmante et plus encore Tatiana Santo Domingo, "fiancée" de son fils Andrea.

Un festival Chanel

Ensuite, le public de privilégiés s'est dirigé vers le salon Empire de l'hôtel de Paris pour un déjeuner buffet. Un festival Chanel à plus d'un titre ! Qui n'avait pas son tailleur, sa besace, son fourre tout, son sac à chaîne, voire ses bagues, sa montre et pourquoi pas la totale ? Autant de signes de reconnaissance, sésame des fans, fans, fans inconditionnelles de la côte et d'ailleurs. Donc certaines, quelques heures plus tard, offriront aux flashs des photographes et aux regards des badauds agglutinés devant la "fontaine de glace" illuminée de la place de l'Opéra, la version soir de leur fidélité. Car l'autre temps fort de cet événement à rebondissements a été la remise des prix Nijinsky. Initiés en 2000 par S.A.R. la princesse de Hanovre, ces récompenses veulent célébrer "ceux et celles qui portent la mémoire ou l'avenir de la danse".

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C'est ainsi que les célèbres Trisha Brown et John Neimeyer mais aussi Maroc Goecke, jeune chorégraphe résident du ballet de Stuttgart seront couronnés comme la danseuse espagnole Ana Laguna et le directeur-adjoint du Béjart Ballet de Lausanne, Gil Roman. Une remise de prix entre deux pièces interprétées par la troupe à résidence à Monaco. L'une, Altro Canto -chorégraphie de Jean-Christophe Maillot, costumes de Karl Lagerfeld- créée le 19 avril 2006 au Grimaldi Forum Monaco. L'autre, "The second Detail", un ballet de William Forsythe remarquablement interprétée par les danseurs dont le sourire malgré l'exigence de cette chorégraphie exprimaient le bonheur de retrouver enfin leur scène de l'Opéra.

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Lors du dîner de 180 personnes -atmosphère Ballets Russes, nappes anciennes du trousseau personnel de Karl Lagerfeld apportées de Paris, kyrielles de bougies et bouquets de roses- une des figures de Monaco et amie proche de la princesse, Luisita Soldati Albanese le confirmait : "l'Opéra est notre fierté. Caroline qui a toujours aimé la danse a souhaité remettre à l'honneur les ballets ressuscités par sa mère. Elle fait un travail magnifique et a trouvé son bonheur avec le très dynamique et si positif Jean Christophe Maillot". Lequel présidait une des deux tables d'honneur, alter ego le temps d'une soirée de celle qu'il a appelé "Caroline" pour l'inviter à remettre le prix à John Neumeier avant de se reprendre pour lui donner son titre. "Nous nous connaissons depuis plus de 20 ans, explique ce dernier, à peine remis de ses émotions avant le dîner. Entre la princesse et moi c'est une histoire de partage avec quelqu'un qui aime l'art, qui aime et connaît la danse. Et dont le credo est le devoir de respecter l'artiste, un privilège et mon grand bonheur. Ici, je suis libre et ce n'est pas un vain mot !"Monaco, principauté des arts, des lettres, de la création ? Le rêve, à portée de main, semble déjà ancré dans le cœur de sa princesse.

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