Rester dans la religion et divorcer
Elle s'appelle Lina Ahmed Mohamed Farouk Fahima al Fishawy. Son nom est le fruit d'un long combat. Celui que Hind al Henawi, sa mère, a mené contre tout un système social. Et contre Ahmed al Fishawy, acteur égyptien, père de la fillette. En 2003, Hind et Ahmed se sont mariés "orfi", dans le secret. ''"A l'époque, j'étais costumière. Nous travaillions sur le même plateau. Nous avons fait un mariage orfi, qui permet de rester dans la religion et de divorcer simplement.''"

"''Je voulais garder le bébé''"
"''Trois mois après, j'étais enceinte.''" Quand Hind apprend la nouvelle à Ahmed, le jeune homme lui propose d'avorter. L'opération est interdite en Egypte, mais elle peut se réaliser facilement, pour une somme d'environ 500 livres (70 €). Refus : "''Je sentais qu'il voulait se débarrasser de cette histoire. Mais je voulais garder ce bébé et je ne voyais pas de raison de lui obéir juste parce que c'était l'homme.''"

14 % de mariages orfis chez les étudiants
Comme Hind et Ahmed, chaque année, des milliers d'égyptiens se marient dans le secret. En 2004, le centre national d'études sociologiques et criminologiques réalise un sondage auprès d'étudiants égyptiens. Quatorze pour cent d'entre eux affirment avoir déjà conclu un mariage orfi.
Deux témoins chacun et un bout de papier suffisent à faire le mariage. Une absence de formalité appréciée dans cette société paralysée par le rigorisme religieux.

''La lâcheté des hommes..."

Pour patienter La popularité de cette pratique s'explique aussi par le poids du mariage "officiel". L'institution tient toujours un rôle clef dans la société égyptienne. Et alors que le revenu moyen se situe autour de 500 livres égyptiennes (environ 75 €), le coût d'un mariage peut facilement dépasser les 50 000 livres. ''"Dans cette situation, difficile de se marier avant la trentaine. L'orfi, cela nous permet de patienter..."'', explique Mohamed (prénom modifié), un jeune égyptien.

Les preuves disparaissent facilement Mais bien souvent cette absence de formalités se retourne contre ceux qui en usent. Car les preuves disparaissent facilement. Difficile, lorsque le garçon tourne le dos à ses responsabilités, d'obtenir le divorce ou de prouver la paternité d'un enfant. Beaucoup de femmes préfèrent aussi le silence pour maintenir leur honneur et trouver un autre mari. En acceptant s'il le faut de se faire recoudre l'hymen pour faire croire à la virginité lors du premier rapport. ''"J'ai refusé de me plier à cette boucherie"'', lâche Hind.

Publicité
Publicité
Pas responsable de la lâcheté des hommes Face à l'entêtement de la jeune femme, la situation se détériore. Ahmed la quitte. La famille du comédien fait pression pour qu'elle se débarrasse du bébé. Hind sait qu'elle se dirige vers de gros ennuis: en Egypte, seul le père peut établir un certificat de naissance.Une solution : faire reconnaître la paternité par un tribunal. Après un an et demi de péripéties judiciaires, c'est chose faite. Hind a gagné son combat et sa petite fille un nom, un sésame pour exister dans la société égyptienne. Depuis Hind continue de porter le flambeau. ''"J'ai décidé de me battre pour le droit des femmes. Pourquoi devraient-elles être responsables de la lâcheté des hommes ?"''

Plus d'infos ! (>) Gagnez un voyage d'une semaine pour 2 au Club Marmara Hurghada 4* ! (>) Voyage en Egypte sur FemmesPlus Vidéos

Publicité