Les princesses de la petite reine
"Notre compétition est classée 2.1 au classement de l'UCI (Union Cycliste Internationale), premier échelon des épreuves internationales par étapes. L'équivalent du Pro tour chez les hommes, on ne peut pas être plus haut.", explique Francis Coquoz, directeur sportif, ancien entraîneur de l'équipe de France féminine et passionné des princesses de la petite reine...

Cette seconde édition de la Route de France féminine a lieu dans la foulée du Tour, du 11 au 18 août, au cour de l'été, dans un "vide" du calendrier... 7 étapes de Fécamp à Vittel, avec deux tests chronométrés, un Prologue et un Contre la montre. 14 équipes sont engagées, 7 pro (citons celle de Lotto) et des équipes nationales (dont la Chine, les Etats-Unis, l'Australie, la France, l'Espagne, l'Ukraine, ...) avec chacune 6 coureuses (?).

Que de championnes !
Parmi elles, le gratin du cyclisme féminin, Rochelle Gilmore (Aust. Championne de la Coupe du monde) et Fabiana Luperini (It.), deux grandes championnes qui courent pour Menikini-Gysko, Jolanta et Ras Polikeviciute (Lit.) pour Forno Asolo, sans oublier Maryline Salvetat, Championne nationale (et médecin à la ville)...
L'organisation est plus que pro, cars podiums, encadrement, protocoles, le tout géré de main de maître par l'ancien organisateur du Paris-Nice, Hervé Gérardin.

"Je les adore !"
''"Je les adore, et surtout, je les admire quand je vois tout ce qu'elles endurent"''. Francis est enthousiaste. Et amer : ''"Rien à voir avec les garçons, eux, on leur enfile un cuissard, on les pose sur un vélo et on vient les récupérer en voiture. Elles, elles entretiennent elles-mêmes leur vélo."'' Les filles sont les parents pauvres du vélo... Si quelques pays ont des structures pro (Italie, Allemagne, Etats-Unis), ce n'est pas le cas de la France. Nos championnes sont toutes soit étudiantes ou déjà actives, elles ne sont guère coachées que par leurs familles.... Résultat, elles bataillent ferme, gagnent des peccadilles (la vainqueur de la Route de France féminine empochera 400 euros, et même en équipe dites"pro" elles sont tout juste qu'indemnisées, quand certaines de leurs consoeurs étrangères perçoivent des salaires de l'ordre de 3-4 000 euros).

Vélo macho !

Elles en bavent Résultat, et au plus grand regret de Francis Coquoz, elles arrêtent souvent leur carrière "à la porte du haut niveau" : ''"Virginie Moisnard, championne d'Europe, a déchaussé les crampons à 24 ans faute de perspectives sportives et économiques."'', regrette cet entraîneur qui la voyait concourir à Pékin. Bref, elles en bavent. Elles roulent environ 20 000 km par an (30 000 les hommes), et assurent une excellente moyenne en course, 38 km/h sur l'étape Fécamp Neufchâtel-en-Bray et l'américaine Kori Seehafer a remporté le contre la montre en 2,47 mn lors du Prologue. ''"On a le potentiel pour avoir une équipe de premier plan. Le problème est qu'elles sont toutes éparpillées : le niveau français est pulvérisé."''Ailleurs, c'est mieux, explique-t-il : ''"Aux Etats-Unis, le sport féminin est plus reconnu, tout le monde est au même départ. En Australie, les filles sont des mercenaires au sens noble du terme, capables de quitter le pays pendant 6 mois pour courir les victoires. En Italie, il y a 12 groupes dont 4-5 vraiment pro avec les salaires, l'encadrement, les courses, la couverture média, les sponsors et la passion du public qui vont avec."''

Grands sponsors et médias absents En France, si le public était au rendez-vous des premiers jours du la Route de France Féminine, les sponsors et les médias étaient plus que discrets... Le fournisseur de véhicules du Tour de France n'a pas fourni d'autos, pas disponibles "faute de temps pour les réviser", quand Aquarelle, le fournisseur en eau du Tour, "les garçons ayant tout bu, il ne restait plus rien pour les filles"...Quand aux médias... Pas un entrefilet dans l'Equipe à ce jour. Seuls les médias locaux et France 3 couvrent l'événement.

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Vélo macho ! Vélo macho ? On se souvient des propos de Marc Madiot, directeur sportif de la Française de jeux à la belle époque du Tour féminin ''"Une femme n'a rien à faire sur un vélo !"''. Janie Longo (3 victoires du Tour de France féminin, 13 championnats du monde, 1médaille d'or olympique en 1996, 38 records du monde) roulait déjà...Ce n'est pas l'avis de Francis: ''"Je rêve d'un peloton de 120-140 filles sur les routes !"'' et surtout d'un sponsor d'envergure ''"On a l'épreuve, il nous manque la marque pour attirer les médias"''. A bon entendeur...
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Plus d'infos !

Le site de la Route de France féminine

Le blog de Maryline Salvetat, Championne de France

Le site de Rochelle Gilmore, vainqueur de la Coupe du monde 2005

Le site de Jeannie Longo