Le très sage et conservateur Higab Fashion, les très modes, futiles et occidentaux "Diva" et "Cleo", le très féministe "Hawa" fondé en 1955 pour faire des femmes les égales des hommes. Reportage au sein des rédactions féminines en Egypte.

Higab Fashion
Les yeux de biche et le visage sagement encadré par son voile de soie blanche, l'actrice Hanan Turk fait la Une du dernier numéro de "Higab Fashion", le magazine qui veut réconcilier la mode et le voile islamique (Higab).
"''Etre voilée, ça ne signifie pas que je suis mal habillée''", plaide la jeune actrice. Au fil de la centaine de pages se succèdent tenues "islamiques" et schémas pour nouer son voile à la dernière mode. Les mannequins posent en robe de mariées, en tenue de soirée ou de ville, un improbable râteau à la main. Hormis le visage, rien ne dépasse.

Diva
Ambiance plus légère à la Une de "Diva", mensuel anglophone. C'est Sofia, ex Star Academy Moyen Orient, qui prend la pose. "''Entre Bachar et moi, les sentiments étaient mutuels'', confie la chanteuse. ''Mais après la Star Academy, il est reparti au Koweit et moi au Maroc et nos chemins se sont séparés.''"
La mode, les accessoires, les People... "Diva" comme la pléthore de magazines féminins anglophones éclos en Egypte ces dernières années, est résolument futile.
"''Nous visons les catégories supérieures. Notre credo, c'est du divertissement, point.''", explique Reham Adel, jeune journaliste chez "Cleo".

Trop chers !
D'un brusque revers de la main, Leïla Meguid écarte les journaux déposés sur sa table. "''Diva, Cleo, Higab Fashion : c'est la même chose !''", s'irrite la doyenne de la faculté de Communication de Masse du Caire. "''Ces magazines n'ont rien de féminin : ils enferment les femmes dans un modèle. Et puis ce sont des entreprises commerciales qui ne cherchent qu'à faire de l'argent. Il suffit de voir le prix : 10 livres (moins d'un euro cinquante) ! Mais qui peut s'acheter un journal à ce prix-là ?''"

Une société pauvre et machiste

Hawa Avec un coût de trois livres égyptiennes, "Hawa" devient abordable pour la majorité des Egyptiennes. Cet hebdomadaire en arabe tire à plus de 50 000 exemplaires et vise les catégories populaires. Il a été fondé en 1955 par Amina Saïd, une pionnière du féminisme égyptien. "''C'est la première rédactrice en chef du monde Arabe'', affirme Iman Hamza, l'actuelle rédactrice en chef. ''Dans ses éditoriaux, elle poussait les femmes à travailler à prouver qu'elles étaient les égales des hommes.''"

Sortir de l'image bêbête de la femme Aujourd'hui, les mêmes valeurs animent les rédacteurs de ce journal qui se veut toujours féministe. "''Le journal raconte régulièrement des histoires de femmes qui ont réussi dans des milieux d'hommes'', explique Iman Hamza. ''Nous essayons toujours de prouver que la femme est compétente hors de son foyer.''" Plus de cinquante ans après le lancement du journal, ce constat ressemble un peu à un aveu d'échec...

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Une société pauvre et machiste "''Mais on ne peut pas comparer avec la presse féminine des pays occidentaux'', tempère Leïla Meguid. ''Ici, 20 % des femmes sont analphabètes, elles sont mal payées, et à la campagne, elles n'ont pratiquement aucun droit. En Egypte, nous devons faire face aux problèmes d'une société pauvre.''" Et machiste, souligne la doyenne : "''Il faut d'abord sortir de l'image de la femme un peu bébête, qui ne contrôle pas ses sentiments et tombe amoureuse de son patron.''"

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