"Are you a member of EPWN ?". D'un grand sourire, Jane pose la question rituelle, en vous tendant l'étiquette, de rigueur ce soir. C'est elle qui filtre les entrées à l'étage du très chic bar à vin Nicolas, place de la Madeleine à Paris. Ce jeudi soir, comme désormais tous les derniers jeudis du mois, le réseau European Professional Women's Network, EPWN, organise son "last Thursday Evening", un évènement ouvert à toutes, ou presque.
Pour faire partie du réseau, mieux vaut remplir certains critères comme une expérience professionnelle "à l'international", la maîtrise de l'anglais, et au moins cinq ans d'études supérieures après le bac. Le réseau EPWN existe depuis 1997, possède 8 sièges dans des capitales étrangères et compte aujourd'hui près de 2500 membres.

Margaret Milan, la vice-présidente du réseau EPWN , est britannique. Depuis 27 ans, elle s'est installée en France où elle a créé son entreprise. "La société française est trop cloisonnée, affirme t-elle. Quand on vient des Etats-Unis et qu'on débarque à Paris, on est bien content de trouver des soirées comme celles-ci où il est facile de rencontrer des gens qui appartiennent à des horizons divers".
Mais ici, on discute surtout boulot. Et dans la langue de Shakespeare. Un verre de vin à la main, les femmes bavardent en petits cercles dans un brouhaha réconfortant. On dégaine facilement les cartes de visites. "Je le dis sans cesse : monter sa boîte, c'est à 10 % une idée et à 90 % du courage, surtout lorsque l'on est une femme ! Le réseau m'a beaucoup soutenu quand j'ai dû vivre cette épreuve !", explique Madami Tahminae, israëlo-américaine. Après avoir travaillé plusieurs années dans une grande banque parisienne, elle a décidé de créer son entreprise de courtage en service financier. "Les femmes ne viennent pas forcément ici pour le networking, mais aussi pour se sentir mieux dans leur vie professionnelle, tout simplement" ajoute t-elle.

'Plus' d'infos !
. European Professional Women's, EPWN
. Accent sur Elles
. HRM Women
. Administration moderne
. Arborus
. Chiennes de garde

European Professional Women's, EPWN, Accent sur Elles, HRM Women, Administration moderne : depuis 1995, les réseaux de femmes se multiplient en France. Aujourd'hui, il en existerait près de 500 rien qu'à Paris et en banlieue parisienne, environ 2 000 dans tous le pays. "La France a tardé à adopter ce phénomène de réseau. Au début des années 2 000, dans un contexte de mondialisation, les gens ont pris conscience qu'il fallait sortir de sa bulle. Les femmes en ont eu marre d'aller dans les réseaux de mecs où on ne faisait que jouer au bridge", analyse Margareth Milan.

Entre l'EPWN, centré sur le networking, Arborus, une association qui se bat pour la mixité dans l'entreprise, ou les femmes hauts fonctionnaires d'Administration moderne, il semble y avoir un monde. Chaque réseau a sa trajectoire, ses revendications, son esprit. Tous ne fonctionnent pas sur cooptation en triant leurs adhérentes sur le volet.

Empowering women

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Alors quid des points communs entre "ces réseaux qui montent"? "Empowering women", affirme la britannique d'EPWN Margareth Milan. En d'autres termes : donner du pouvoir aux femmes, les rendre plus fortes.Récemment, une ébauche d'action commune s'est mise en place et six réseaux féminins ont décidé d'unir leurs efforts pour créer "du rose dans le gris", un groupe de réflexion sur la mixité dans les lieux de pouvoirs. D'autres projets seraient en cours. De la même façon, toutes dénoncent "le plafond de verre", ce phénomène insidieux et invisible qui empêche les femmes, dans quelque secteur que ce soit, d'atteindre les postes les plus hauts de la hiérarchie. Les femmes représentent 46,2 % de la population active française, mais 11 % seulement des cadres dirigeants. Seuls 6,46 % des sièges des conseils d'administration sont occupés par des femmes.

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