Elles sont un réservoir de croissance
Dans la série "La chasse à la croissance", voici le chapitre "Les femmes". Une séquence ouverte par Hervé Novelli himself, Secrétaire d'Etat chargé aux entreprises et du commerce extérieur, devant un parterre de faires-valoirs triées sur le volet : ''Les femmes, 46 % de la population active et seulement 28 % des entrepreneurs en France, sont un formidable réservoir (sic !) de croissance''.
Etaient présentes Elisabeth Lefebvre, éditeur de magazines (respect !), Anne Méaux, médiatissime fondateur de l'agence de RP Image 7 et de Force Femmes, dédiée au retour à l'emploi des femmes de + de 45 ans, de Paris Pionnière, l'incubateur au féminin, et un parterre d'une "50aine" de femmes chefs d'entreprises.

Croissance démontrée aux USA
A l'origine de cette sauterie, la publication de l'étude "L'entreprenariat féminin dans les PME et TPE françaises". Une première dans un désert de données sur la création d'entreprise au féminin. Dommage, à l'heure de la parité, à l'heure où l'entreprenariat féminin est reconnu à la fois comme une ressource mal utilisée et un facteur avéré de croissance. Une part de la croissance des USA est bel et bien imputable aux 48 % d'entrepreneurEs dans leur stock d'enpreprises.
Selon l'enquête, 31 % des entreprises sont dirigées par des femmes. Un chiffre qui diminue avec la hausse de la taille de l'entreprise (34 % de 1 à 5 salariés, 11 % de plus de 100 salariés).

28 % d'entrepreneurEs
28 % des femmes sont entrepreneurEs (à ne pas confondre avec les dirigeantes) : 12 % (37 % pour les hommes) détiennent plus de 50 % du capital et sont majoritaires, 7 % (13 % pour les hommes) sont minoritaires.

Auparavant, 62 % étaient salariées, 13% femme au foyer et quasi tout autant étudiante ou chef d'une autre entreprise. Seules 2 % sont issues du chômage... Dernier point, 72 % ont plus de 50 ans et hum, tout autant exercent depuis plus de 20 ans et 40 % depuis plus de 30 ans.

Côté qualitatif, les entrepreneurEs sont plutôt heureuses : 84 % sont satisfaites de leur choix, 75 % le referaient. Seulement 29 % estiment que diriger une entreprise est plus difficile pour une femme que pour un homme, notamment pour concilier vie professionnelle et vie familiale.

Discrimination financière Chose étrange, les femmes interrogées placent en dernier lieu l'obtention des financement quand Elisabeth Lefebvre, enseignante au moment de la création de son entreprise d'édition, et l'avionneur Laura Petit-Bourgeois, rompue à la chose puisque financière de formation et de métier, insistent sur l'une sur la difficulté de la gestion financière et l'autre sur la discrimination en matière de financement. Elisabeth Lefebvre préconise même la mise en place d'un N° Vert pour que les entrepreneurEs puissent se faire aider.

Aux Etats-Unis en 1970, l'enquête qui a démontré que les entrepreneurEs faisaient l'objet de discrimination dans l'obtention de crédits et sur les taux de crédit a été à l'origine d'une "Positive action". Près de 50 % des entreprises US ont été crées par des entrepreneurEs !

Des freins et des promesses...

Action positive ? Regret, il ne semble pas que l'on en soit à l'heur d'une "action positive" côté Novelli :''l'étude pour l'élargissement des critères d'accès à l'Acre pour les femmes créatrices ou repreneuses d'entreprise (''Oui, oui, on va aller vite, mais on en est pas tout à fait là. Probablement en 2009...''), la mise en place de formation à l'entreprenariat spécifique aux femmes (où, quand comment ?) et la mobilisation et le soutien des réseaux d'accompagnement (qui, quand, comment ?)''.

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Mais écoutons le pragmatique M Béthoux, économiste spécialiste de la place des femmes dans l'entreprise : ''"La croissance du stock des entreprises est due aux entreprises à 0 salariées. Or, l'emploi à domicile n'est pas un gros mot. Conjugué aux TIC (moins utilisées par les femmes), il permet de résoudre la problématique vie professionnelle, vie familiale"''.

Plus d'infos !

Le site de l'ACPE Le site de Paris pionnière

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