Rencontre

Des bords du bassin d'Arcachon où Harold Cobert présentait son dernier livre, Viabooks a eu la chance de rencontrer cet Oscar Wilde de notre temps qui sait allier avec élégance le charme de la jeunesse à un regard raffiné, cultivé et détaché sur notre époque.

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Viabooks: Vous voilà à Arcachon, quels rapports particuliers entretenez-vous avec l'Atlantique et le sud Ouest? Vous parlez notamment de la Rhune, cette montagne qu'on voit si distinctement dans votre roman.

Harold Cobert: Mes racines sont ancrées dans cette région. Je suis né à Bordeaux. Je viens très souvent ici. Arcachon, Le Cap Ferret, le Pays basque sont des repères dans ma vie. J'y suis forcément très attaché.

V- Quelles sont vos relations avec Dieu?

H.C -Elles sont compliquées! Rires. J'ai été élevé chez les jésuites. Je n'ai pas compris tout de suite l'importance que cela aurait sur ma vie. Aujourd'hui, je sais que mon fils sera élévé chez les jésuites.J'ai fait la concession à ma femme de le faire rapidement baptiser. J'aurais préféré qu'il puisse choisir sa religion. Maintenant cette concession de ma part a une contre partie: mon fils fera ses études chez les jésuites!

V- Votre roman est ponctué de références à Victor Hugo et à Laclos. Pouvez-vous nous expliquer ces deux choix.

H.C - Pour Laclos, c'est aisé. Je suis un grand amoureux du XVIIIème siècle. En découle mon avant dernier livre sur le personnage de Mirabeau que je vous rappelle en passant, L'Entrevue de Saint Cloud.En revanche pour Hugo, c'est plus compliqué. Je n'aime pas beaucoup le Hugo romantique. Dans En lisant En écrivant,Julien Gracq souligne la beaut des oeuvres de Hugo après la mort de sa fille Léopoldine. J'aime le Hugo dépouillé.

V -Vous apparaissez comme un auteur séduteur. Quelle serait la définition d'un séducteur?

H.C -Le séducteur est un être révolutionnaire.

V- Parlons plus précisément de votre livre. Quelle était votre idée?

H.C-Raconter l'histoire du traumatisme vécu par un couple et plus particulièrement par une femme à travers le prisme du père. Le livre porte encore comme titre, Le Père interrompu.

V- Vous êtes un auteur fidèle à une maison d'édition. Vos trois livres sont sortis chez Héloïse d'Ormesson. C'est rare aujourd'hui. Racontez-nous pourquoi ce choix?

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H.C- J'ai connu Héloïse grâce à Tatiana de Rosnay qui publie chez Héloïse et qui va de succès en succès. Tatyana m'a pris sous son aile. Héloïse m'a publié.D'autre part aujourd'hui avec un certain nombre d'auteurs qu'Héloïse publie, nous formons une petite équipe qui marche ma foi pas mal!

V- En effet dans vos remerciements, vous accompagnez Tatiana de Rosnay du qualificatif "reine des fées".

V- Vous choisissez de proposer au lecteur à la fin du roman le poème de Victor Hugo, Le Revenant.

H.C- Oui je crois que c'est une belle idée.

Lisons les derniers vers,

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La mère restait morne, et la pâle accouchée,Sur l'ancien souvenir tout entière penchée,Rêvait; on lui porta l'enfant sur un coussin;Elle se laissa faire et lui donna le sein;Et tout à coup, pendant que, farouche, accablée,Pensant au fils nouveau moins qu'à l'âme envolée,Hélas! et songeant moins aux langes qu'au linceul,Elle disait: - Cet ange en son sépulcre est seul!- Ô doux miracle! ô mère au bonheur revenu!-Elle entendit avec une voixbien connue,Le nouveau-né parler dans l'ombre entre ses bras,Et tout bas murmurer: - C'est moi. Ne le dis pas.
Informations pratiques:

>Harold Cobert, Dieu surfe au Pays basque, Héloïse d'Ormesson.

>Victor Hugo, "Le Revenant", 1843

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