Les années se suivent et ne se ressemblent pas. L'année dernière les jurés du Goncourt ont récompensé une valeur sûre, Michel Houellebecq; cette année ils osent accorder leur prix à un premier roman écrit par un universitaire spécialiste des sciences naturelles,Alexis Jenni, discret et élogné dde toutes les coteries littéraires parisiennes...

L'Art français de la Guerre ( Gallimard) est un magnifique livre qui ose parler des geuures récentesz et notamment de la guerre d'Algérie.

A l'opposé des Bienveillantes de Jonathan Littell qui avaient aussi reçu le Goncourt en 2006, sur la manière que certains avaient jugé complaisante, de rentrer dans " l'intimité de la guerre", ce récit relève de l'épopée.

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On y suit les soubersauts de la vie d’un soldat, Victorien Salagnon, de la guerre de 40 à celle d’Algérie en passant par celle de l’Indochine.

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Une histoire "française", qui parcourt les défaites et les désillusions, la fascination des grandes espérances, même si leur renoncement compose aussi le motif de leur souffrance. En regard, la peinture qui accompagne le narrateur comme une passion pour distancier sa mémoire. Quand Houellebecq évoquait l'art c'était pour mieux le nier, la peinture d'Alexis Jenni évoque une autre forme de lyrisme, le lieu d'une appropriation de l'histoire, de toutes les histoires. Un très beau livre. Un très beau Goncourt.