De l'or, des sous et du fisc...
On le croyait enterré (dans une cassette au fond du jardin...). Mais pas du tout ! Depuis quelques années, l'or flambe. D'ailleurs, en janvier dernier, il a atteint son prix le plus élevé depuis 26 ans : plus de 550 dollars l'once.
Bémol cependant, l'or n'est plus coté à Paris, son prix est fixé sur les marchés internationaux, dans la devise américaine. Donc pour nous, Européens, il faut tenir compte du risque de change. Ca tombe parfois bien. L'an dernier, l'or a bondi de 18 % en dollars, mais comme le dollar aussi est remonté face à l'euro, cela fait + 35 % dans notre monnaie.

Et si on sortait les Louis et les Napoléon de grand papa de l'armoire pour aller les revendre dans les boutiques spécialisées ou auprès d'une banque ?
Bonne idée, mais... Le fisc is here. Jusqu'à présent, il était impossible de couper à une taxe forfaitaire de 8 % sur le prix de la vente et même si on revendait à perte (c'est-à-dire moins cher qu'à l'achat, pas cool, le fisc...). Désormais, il est important de savoir que suite à un changement, il est possible d'opter plutôt pour une taxe de 27 % (16 % d'impôt +11 % de prélèvements sociaux) calculée seulement sur le gain réalisé.
Mieux, la plus-value imposable est diminuée d'un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la deuxième.
En clair, après 12 ans, il n'y a plus d'impôt. Mais attention aux justificatifs. Si on a des lingots depuis moins de 12 ans, il faut prouver la date et le prix d'achat. Sinon, à nous de justifier de cette durée de détention par "tout moyen" (expertise...). Et ça, quand l'or a été acheté de façon anonyme, ce n'est pas gagné !

Des sicav ou un GBS ? Cela dit, si vous avez envie de spéculer sur la hausse de l'or (les experts promettent qu'il continuera à grimper ces prochaines années), il y a plus simple que d'entasser les lingots.

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En novembre, le Lyxor GBS (Gold Bullion Securities) a été introduit à la Bourse de Paris. C'est un titre qu'on achète et qu'on revend à tout moment comme une obligation. Il a été lancé par Lyxor, une filiale de la Société Générale. Sa particularité ? Son cours réplique pas à pas, aux frais de gestion près (0,40 % par an), le prix de l'once d'or, cotée à Londres. Car chaque GBS est gagé par des barres d'or gardées sous haute surveillance par la banque HSBC outre-Manche. Avantage : une fiscalité douce avec 27 % d'impôt sur la plus-value seulement si l'on vend plus de 15 000 euros de valeurs mobilières (actions, obligations...) dans l'année.

Des sicav ou un GBS ?

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Enfin, pour profiter de la hausse du métal jaune, une autre solution consiste à acheter des parts de sicav et de fonds communs de placement spécialisés. Ils investissent non pas dans l'or lui-même, mais dans les actions de mines -d'or ou d'autres métaux- cotées en bourse. Les épargnants (ses) audacieux (ses) qui ont choisi cette solution s'en frottent encore les mains. Les meilleurs de ces fonds ont gagné plus de 50 % depuis un an (performances arrêtées au 13 janvier 2006). L'inconvénient ? Les cours des actions de mines d'or ne dépendent pas seulement des prix du métal jaune. Elles varient aussi en fonction des résultats de ces entreprises (leur productivité, ...) et de la bourse elle-même. Donc, si la bourse chute, les fonds spécialisés ont peu de chance d'en sortir indemnes. Même si l'or, lui, continue de monter.A bon entend'or, salut !