Inconcevable
La ménopause précoce touche une femme sur mille en moyenne entre 15 et 29 ans, et dix fois plus entre 30 et 39 ans. Déclarée par la cessation des cycles menstruels depuis au moins 12 mois, la M.P. peut être due à l'épuisement naturel des follicules ovariens pour des raisons génétiques. Elle peut aussi être provoquée par certaines maladies, par une ovarictomie, par des rayonnements, des produits chimiques ou des anomalies chromosomiques. La Défaillance Ovarienne Précoce (D.O.P.), une ovulation sporadique peut aussi entraîner une MP.
Certaines affections auto-immunes, dans deux cas sur trois, provoquent aussi une M.P. : l'hypothyroïdie, la polyarthrite rhumatoïde, le "Lupus Erythemateux Systemic", un diabète, des ovaires polykystiques, une galactosémie (maladie génétique par anomalie du métabolisme des glucides) ou la prise au long cours de médicaments (neuroleptiques).
Comment une femme peut-elle s'imaginer ménopausée avant l'âge ? C'est impossible. Surtout lorsque c'est inconnu dans sa famille (5% des cas), l'âge de la ménopause étant souvent similaire d'une mère à sa fille.

Un cauchemar au quotidien
Une femme souffrant de ménopause précoce doit affronter les symptômes similaires, mais intensifiés de la ménopause physiologique : insomnies, fatigue intense, trouble de la concentration, palpitations, baisse de la libido, bouffées de chaleur pénibles, souvent nocturnes, d'une incontinence urinaire à l'effort, d'une sécheresse cutanée et vaginale, d'une prise pondérale, d'une baisse du tonus musculaire, d'une augmentation de la pilosité faciale et de la raréfaction des cheveux.
Des conséquences extrêmement pénibles pour une femme qui modifient irrémédiablement la vie quotidienne.

La loi du silence

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Christel, 36 ans, s'est d'abord battue contre un lymphome de Burkitt à 22 ans. Après un long traitement de chimiothérapie et de radiothérapie, elle remporte le combat. La vie reprend son cours, Christel se marie et pense naturellement à fonder une famille. "Nous avons fait des examens qui ont révélé que j'étais définitivement ménopausée. J'avais 28 ans. Le choc. Personne ne m'avait prévenue que les rayons provoquaient ça. Soutenue par son mari, elle résiste, prend son traitement hormonal T.H.S. et adopte une petite fille. "Ma fille, c'est mon bonheur, mais C'est dur pour la vie de couple, pour la vie professionnelle, pour tout." Victime d'une fracture du col du fémur due à ses problèmes d'hormones, elle n'a pas pu marcher pendant neuf mois et est encore en arrêt maladie. "Mon os avait été fragilisé par les rayons et par la ménopause et a eu du mal à se ressouder. Je dois être à nouveau opérée en fin d'année. Je ne crois pas que je pourrais reprendre mon travail. Je pense que si j'avais su ce qui m'attendait après, j'aurais refusé la chimio et la radiothérapie."Grâce à Internet et aux forums, Christel a récemment découvert qu'elle n'était pas toute seule. Un soutien tardif que les médecins ne lui ont jamais apporté : "dès que le côté médical est fini, on se retrouve seule." Aujourd'hui, elle parle, pour se guérir de ses blessures mais aussi pour aider d'autres femmes souffrant, comme elle, de la loi du silence. Etre une jeune ménopausée c'est encore tabou.
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