Un échange d'imaginaire
Aude Durou est toute jeune, 24 ans à peine fêtés. Elle court partout, elle pense à demain, toujours. Ce qui a été fait hier est obsolète et doit évoluer. Rien n'est figé. L'énergie de son âge, mais pas seulement. Sa démarche va bien au delà des préoccupations réputées habituelles de sa génération. Elle a beaucoup de pudeur aussi. Elle est toute étonnée par l'idée de ce portrait d'elle. Parler de ses créations, de son amour pour les sahariens, pas de problèmes. Mais raconter son parcours, ses choix c'est une autre histoire. Quand on lui demande une photo d'elle, elle envoie toutes celles de ses amis...

Elle a été nourrie au sable saharien ici, en France, par les voyageurs, les nomades africains, souvent réfugiés politiques de la rébellion touareg et amis de son papa, photographe spécialiste du Sahara. Ce sont eux qui l'ont imprégnée de leur art de vivre, leur culture et leur quotidien. "Des gens de passage qui sont rentrés dans mon univers et m'ont fait partagé le leur. J'ai été très vite immergée, avec un grand bonheur" s'exclame-t-elle.

Des études de design textile puis de conception création concrétisent ses talents et surtout sa conviction : les objets doivent avoir un sens, être porteurs d'une histoire, colporter une idée.
Une fois ses diplômes en poche, Aude file à Agadez, au Niger pour créer sa première ligne de bijoux et d'accessoires sous la marque "Ombre Claire". Elle a la volonté farouche d'inventer de nouvelles choses, susceptibles de plaire à un public occidental et fabriquées en brousse, par des artisans aux techniques ancestrales. Il y a des bijoux, des vêtements, des accessoires en argent, en cuir, en paille et en tissus,... Aude dessine, les artisans, femmes et hommes, fabriquent dans les ateliers, en mélangeant les arts Peuls Woodabé, Touaregs, et Haoussas. "Plusieurs familles vivent à Agadez de ces bijoux et peuvent également transmettre cette culture aux plus jeunes. La création de chaque pièce est un échange de savoir faire et un échange d'imaginaire". Ses artisans sont payés à la pièce, Aude multiplie les commandes pour leur garantir un salaire régulier...

Mieux que le commerce équitable

"J'espère de toutes mes forces que ce travail s'inscrira dans la durée pour que ces gens que j'aime très fort puissent garder leur mode de vie et l'améliorer" Et c'est bien de cela dont il s'agit aussi. D'une autre mondialisation au-delà de la notion de commerce équitable. Celle du partage des savoir-faire et des cultures, du respect et de la passion : "Les techniques artisanales, les mailles, le tissage, la forge, sont souvent semblables dans le monde entier, ils unissent les hommes et les femmes. Lorsque je vois des femmes faire de la bonneterie en Afrique, les gestes sont identiques à ceux des femmes en Europe, en Asie... Mon travail parle de ces liens."

En parallèle, Aude travaille avec les artisans de la Cité du Val Fourré à Mantes La Jolie, "Un petit groupe tombé par hasard dans ces barres d'immeubles, tous issus de pays d'Afrique, qui cherche à transmettre son savoir-faire à ses enfants et à son entourage, ici, en France". Pour eux, Aude est "Directrice artistique". Elle les accompagne dans la préparation de défilés...

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Et comme pour partager plus encore sa passion et sa démarche, elle peaufine son livre "Art Nomade" aux Editions Aubanel, consacré aux techniques artisanales utilisées dans le désert du Sahara; Sortie prévue en septembre...
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Plus sur Aude Durou :Le site de sa marque Ombre Claire

Pour trouver les bijoux et les accessoires d'Aude Durou, rendez-vous tout le mois d'avril au rez-de-chaussée du Printemps Haussmann à l'occasion de l'exposition Afrique.

Ses bijoux sont également disponibles sur le site Fuzion et dans une dizaine de points de vente. Renseignements au 06 64 20 19 38.