Aujourd'hui, de plus en plus de femmes travaillent dans des magasins où l'on vend des produits réservés aux hommes. Ouf... les mentalités évoluent (enfin) ? Sexisme et machisme au travail sont définitivement rangés au placard ? Pas si sûr...La preuve, beaucoup de secteurs professionnels restent l'apanage du sexe (dit) fort.

Exemple : les salles de sport. Nathalie*, professeur de fitness et de musculation depuis 3 ans à Grenoble, n'en revient toujours pas : ''"Si les choses bougent, elles bougent très lentement ! Quand je conseille un client en lui expliquant qu'il n'a pas la bonne méthode pour réaliser un exercice de musculation, souvent je ne suis pas prise au sérieux. En revanche, si le même conseil vient d'un de mes collègues masculins, ça passe tout de suite mieux... "''.

Et il y a pire. Parfois, certains clients n'hésitent pas à ''"carrément réclamer un prof mec. Mais au moins ça évite de perdre son temps !"''. Autant dire que dans les salles de sport, le sexisme a encore de beaux jours devant lui. Même si Nathalie tient à ne pas dramatiser la situation : ''"Heureusement, il y a aussi une majorité de clients masculins qui se moquent que je sois une femme ou pas, et qui acceptent mes remarques et mes conseils avec plaisir. Et puis, dans les salles de sport, les mecs bodybuildés et hyper macho se font de plus en rare"''.

Une disparition qui ne fera pas beaucoup pleurer dans les chaumières...

"Combien vaut la vendeuse ?"

''"Combien vaut la vendeuse ?"'' Autre secteur "à risque" pour les femmes : le monde du bricolage. Un monde où l'homme règne en maître absolu, puisque, c'est bien connu "les femmes n'y connaissent rien en bricolage". Ce qui fait bien rire Stéphanie, salariée chez une grande enseigne du secteur, dans la banlieue lyonnaise : "Ca reste parfois difficile pour un homme d'être conseillé par une femme quand il s'agit, par exemple, d'entreprendre des travaux dans sa maison. Mais dés que le client s'aperçoit que je suis compétente, tout rentre rapidement dans l'ordre".

Contrairement aux idées reçues, dans le prêt à porter, tout n'est pas rose non plus pour les femmes. Surtout quand il s'agit de boutiques où 90 % des articles vendus s'adressent aux hommes. Exemple, chez Eden Park, à Lyon, où Amélie, 19 ans, est pourtant parvenue à trouver sa place : ''"Ca fait quatre mois que je travaille ici. Et j'ai rapidement trouvé ma place. Même si j'ai remarqué que, souvent, un client masculin fera plus spontanément appel à un vendeur homme. Sans doute parce qu'il pense que le conseil sera de meilleure qualité. Mais personne n'a, pour le moment, refusé catégoriquement d'être servi par une femme"''.

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Autre souci : ''"Il faut parfois supporter des blagues pas toujours très drôles et plutôt macho. Du genre : combien vaut la vendeuse ? Mais, au final, je préfère travailler dans une ambiance masculine, car on se prend moins la tête"''.
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Bref, les mentalités évoluent. Mais doucement.

* Les prénoms des interviewées ont été modifiés afin de garantir leur anonymat.

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