"Pour moi la vie est un combat. La solitude aussi !", confie Yvonne. Retraitée en situation d'isolement, elle compte sur la visite d'un bénévole pour briser le cycle de la monotonie. Une enquête a été réalisée par un collectif d'associations pour cerner la solitude et l'isolement des personnes âgée.

Grands-parents... Mais seuls !

"Ces visites me permettent d'oublier un peu mes problèmes. Mon quotidien s'organise autour de la télévision, de rares promenades et des courses que je fais parfois avec mon aide-ménagère", ajoute Yvonne. "Je dispose d'une pension d'invalidité. Mais je n'ai pas beaucoup de moyens financiers. J'aurais sûrement pu faire plus de choses si j'en avais eu plus. C'est difficile de vivre comme ça. Mais bon, c'est la vie. Je ne veux pas en demander trop".

Yvonne souffre de maladies handicapantes l'empêchant de sortir de chez elle et d'avoir une vie sociale... Elle fait partie de ces personnes âgées en situation d'isolement extrême. Sa souffrance est réelle, mais elle n'est reconnue ni par les pouvoirs publics, ni par la société.

L'enquête "Isolement et vie relationnelle

Suite à la canicule de 2003, le Collectif "Combattre la solitude", composé d'associations caritatives, a décidé de réaliser une enquête : "Isolement et vie relationnelle". Effectuée auprès de cinq mille personnes âgées de plus de soixante ans, elle révèle ainsi qu'une génération entière est abandonnée et condamnée à l'isolement, et aux souffrances qui en découlent. Les associations remplacent désormais les structures traditionnelles de sociabilité (familles, syndicats, églises). A l'heure du vieillissement de la population, il est temps de poser le problème et d'envisager des solutions. L'avenir est sombre, sachant qu'un tiers de la population aura plus de soixante ans en 2050.

Exclusion, pauvreté et dépendance

La proportion de personnes âgées habitant seules a été multipliée par trois depuis 1962. La première forme d'exclusion sociale mise en évidence par l'enquête du Collectif est d'ordre économique, en raison des faibles revenus de certains retraités. C'est une nouvelle forme de pauvreté, assortie d'un sentiment aigu de solitude, qui se développe.

La seconde est due à la détérioration de l'intégrité physique des personnes les plus âgées. Cette perte d'autonomie inclut une dépendance et un repli sur soi, à la source de l'isolement.

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Enfin, l'enquête lève le voile sur le suicide des personnes âgées. Sujet tabou : la probabilité de se suicider à soixante-quinze ans est cinq fois supérieure à celle de se suicider à vingt ans. Et ce chiffre ne cesse de croître.

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