Trop d'IVG !
En France, trois mineures sur cinq se font avorter, soit 13 400 en 2004, dont 700 avant l'âge de quinze ans. Tel est le constat, qui n'a pas évolué depuis 10 ans, que le Haut Conseil de la population et de la famille (HCPF) veut aujourd'hui bousculer. Sans remettre "''en cause la possibilité d'avorter''", le recours à l'IVG (Interruption volontaire de grossesse) est un "''problème de santé publique et non de mentalité''" qui n'est pas à minimiser.
Chez les adolescentes, les conséquences psychologiques sont graves. D'autant que les opérations interviennent souvent tardivement, multipliant les risques sur la santé...

D'abord informer !
En premier lieu, il faut renforcer l'information et surtout la dispenser de manière adaptée. Trop peu de campagnes de prévention, trop peu de remise en question des dispositifs établis et de "l'enseignement" sexuel à l'école, une faible prise en compte des évolutions de la société (circulation des films pornos dans des cercles de plus en plus jeunes...).

Et pourtant, ce n'est pas faute de le savoir. Dès 12 ou 13 ans, les adolescentes ne sont plus innocentes. Elles savent, mais savent mal, et passent à l'action, le plus souvent sans se protéger puisqu'elles pensent que "''cela ne peut pas leur arriver''" puisque leur partenaire se retire "avant", qu'elles ne "l''e font que pendant les règles''" et "''que l'on ne peut tomber enceinte que par la pénétration''"...
Et l'enseignement sexuel à l'école, rendu obligatoire par la loi du 4 juillet 2001, ne commence au mieux qu'en classe de 3ème. En Hollande, on s'y met dès le CM1...

Gratuité et confidentialité

S'affranchir par le sexe La situation est d'autant plus inquiétante que l'on imagine mal les pressions qui peuvent s'exercer sur ces mineures. Par le sexe, elles s'affranchissent. En tombant enceintes, elles grandissent, se détachent du monde des enfants, ont parfois aussi l'impression d'ainsi écarter leur "précarité" et un cercle d'échec familial ou scolaire. En outre, "''on peut désirer être enceinte mais pas avoir un enfant''", précise le professeur Israël Nisand, gynécologue et coauteur du rapport. Plus effrayant encore, "''certaines jeunes filles se vantent d'avoir subi une IVG''", s'inquiète le professeur. D'autres encore disent en avoir déjà subi plusieurs, sans y voir le problème.

La pilule gratuite et confidentielle Mal renseignées, mal guidées, les ados font comme elles peuvent. Si elles savent où obtenir des préservatifs gratuitement, peu connaissent les centres de planification. Il s'avère qu'elles utilisent trop la pilule du lendemain comme un contraceptif à part entière, et étant donné que l'IVG est prise en charge, il ne reste "''plus que la pilule contraceptive''" pour remédier à la situation, s'insurge Israël Nisand.

D'où l'idée de la distribuer gratuitement et en toute confidentialité. Compte tenu des faibles revenus des mineures et des pressions familiales et sociales qui peuvent s'exercer sur elles, ces deux points sont incontournables.

Publicité

Le HCPF veut mettre en place des réseaux pour que la distribution de cette pilule ne soit pas cantonnée aux grandes villes. Un suivi médical sera assorti à la délivrance de cette pilule, ce qui n'est aujourd'hui pas le cas pour pilule du lendemain...

Pour en savoir plus :

Publicité
Consulter le site Internet du Ministère de l'emploi, de la cohésion sociale et du logementLe Haut Conseil de la population et de la famille sur le site du MinistèreDossier IVG sur le site du Ministère délégué à la cohésion sociale et à la paritéUn site sur la pilule du lendemain