Mercredi 6 septembre 2006, Kiko, digne épouse du prince Akishino, a mis au monde un garçon. Enfin... Cela faisait pas moins de quarante ans et une succession de déceptions dues à des nouveaux nés filles dans la famille impériale, qu'un petit mâle était attendu. Rétrospective d'un drame impérial...

on fête ça ?

Le prince kiki de la princesse kiko

C'est un garçon ! Cette expression pourtant banale revêt un caractère particulier quand c'est le médecin de la famille impériale japonaise qui la prononce, et surtout quand ledit garçon est attendu depuis pas moins de quarante et un ans. En effet, en 1947, les femmes ont été déclarées interdites de régner sur le Japon. Résultat : seul un mâle peut donc prétendre au trône de l'archipel. Or, depuis quarante ans, il n'y avait pas eu de nouveau prétendant. Il y avait le premier prétendant légitime, Naruhito (46 ans) et son frère Akishino (40 ans). Voici donc enfin Hisahito, "serein et vertueux", troisième dans l'ordre de succession.

La maman, l'impératrice Kiko, se porte bien, merci. L'accouchement s'est déroulé par césarienne et la parturiente peut respirer. A 39 ans, elle a enfin accompli son devoir et cette mâle naissance la libère de la terrible pression qui reposait sur ses ovaires. Sa belle-sœur a en effet lâché l'affaire, victime d'une grave dépression nerveuse, elle a définitivement renoncé à porter un nouvel enfant à quarante ans passés.

Publicité

Il n'en reste pas moins que cette naissance, tout en résolvant un fichu souci, souligne la délicate place de la femme au Japon. A priori, les femmes japonaises aujourd'hui sont à l'instar de leurs consoeurs occidentales à peu près à l'égal des hommes. Ils et elles sont égaux dans le travail, dans leurs droits. Mais, étrangement et dans le même temps, les femmes ont été écartées du trône. En effet, les impératrices ont existé au Japon, même si elles étaient plus souvent reines intérimaires véritables souveraines. C'est au passage d'un Etat monarchique constitutionnel à un Etat démocratique qu'elles ont été exclues de la succession à l'occasion de la constitution de 1947.

Publicité
Pourtant, Junichiro Koizumi, le premier ministre (conservateur), avait soutenu à un projet d'amendement de cette loi qui aurait permis à la princesse Aiko (fille aînée de Naruhito) de monter sur le "trône de chrysanthème". Bref, l'opinion publique s'agite. Certains Japonais, et surtout les jeunes, sont favorables à l'ouverture de la succession aux femmes. Les traditionalistes y sont évidemment opposés, arguant que le rôle d'intermédiaire entre les divinités et le vulgum pecus ne peut être tenu par une femme, celles-ci ne pouvant par exemple participer à une cérémonie religieuse pendant leurs menstruations. Comment on dit "c'est pas gagné" en japonais ?