La chocolatomanie
L'hiver, les journées raccourcissent. Notre encéphale se trouve peu à peu sevré de cet ensoleillement si nécessaire pour voir la vie en rose.
Alors, on a spontanément tendance à compenser en se tournant vers d'autres sources de réconfort. Le gras, le sucré, le délicieux, l'admirable chocolat a vraiment tout pour plaire et remettre notre moral d'aplomb. On pourrait presque parler de "chocolatomanie", une d'addiction chocolateuse qui pourrait nous rendre heureuse, si seulement elle n'était pas chargée de culpabilité !

Une drogue douce en vente libre
C'est que le chocolat stimule notre cerveau de plus d'une façon. Ses glucides peuvent favoriser la synthèse de sérotonine dont l'effet euphorisant est reconnu.
Le magnésium, dont il est particulièrement riche (100 mg pour 100 g), exerce des effets relaxants.
Les méthylxanthines, la caféine et la théobromine sont des stimulants par effet adrénergique. Le chocolat apporte des substances proches des catécholamines et des amphétamines.
Enfin, comme le cannabis, mais en beaucoup plus doux et inoffensif, il renferme des substances qui présentent des affinités pour les récepteurs cannabinoïdes au niveau cérébral : effets euphorisants garantis !

Les chocolatomanes

A en devenir dingues ! En général, on reste raisonnable, même si la boîte de chocolat une fois ouverte demeure jamais pleine bien longtemps. Mais certains sujets (plus du 3/4 sont des femmes...) développent une réelle addiction : il leur faut minimum leurs 50 grammes par jour (une 1/2 plaquette) pour se sentir bien. Les chocolatomanes ne sont pas boulimiques pour autant, car elles présentent majoritairement un IMC normal, ne vomissent pas, et conservent dans l'ensemble une structure "traditionnelle" de repas. C'est une compulsion alimentaire, vécue entre récompense et culpabilité.

Le gras et le sucré réhabilités ''Si la consommation reste raisonnable, elle n'a rien de pathologique. Au contraire, elle fait du bien par ses vertus anti-stress. Antidépresseur et euphorisant léger, le chocolat apporte en plus des micronutriments comme le fer ou le magnésium dont le corps est souvent carencé'', note le Dr Bernard Waysfeld, psychiatre et nutritionniste, secrétaire général du GROS*. ''Elle ne serait d'ailleurs pas vécue dans la culpabilité si notre société arrêtait de diaboliser tous les aliments gras et sucrés. En soit, ces aliments-là ne sont pas plus mauvais que les autres, dès lors qu'ils sont consommés avec modération''.

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Une psychothérapie sans RV Accessible et apaisant, peu cher, le chocolat stimule nos systèmes de récompense, dopamine, mais aussi sérotonine et surtout endorphines. Sa consommation vaut parfois autant qu'une psychothérapie, son action est plus rapide et on n'a pas besoin de prendre rendez-vous. Qui dit mieux !
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