L'acteur français Roger Hanin, le 5 février 2008 à Paris

Jacques Attali à son arrivée le 12 février 2015 à la synagogue à Paris

Jacques Attali à son arrivée le 12 février 2015 à la synagogue à Paris - Stéphane de Sakutin ©AFP

Anouk Aimée, Alexandre Arcady, Robert Hossein, Jean-Pierre Elkabbach et Elie Chouraqui étaient quelques-unes des personnalités présentes jeudi à la synagogue Buffault, à Paris (11e) pour participer à une cérémonie en hommage à l'acteur Roger Hanin, mort mercredi à Paris à l'âge de 89 ans.

L'acteur français sera inhumé vendredi matin à Alger au cimetière israélite Saint-Eugène où repose déjà son père, a annoncé jeudi un représentant de la communauté juive algérienne.

La petite rue de la synagogue était gardée par des militaires arme au poing, tandis qu'une foule de photographes se pressait devant l'édifice. La cérémonie a commencé par des psaumes en présence du grand rabbin de France Haim Korsia ainsi que de Jack Lang, Jacques Attali, Georges Kiejman et Hervé Bourges.

"Il aimait dire +j'ai trois pays, l'Algérie où je suis né, Israël la terre de mes origines et la France, ma patrie+", a rappelé le réalisateur Alexandre Arcady.

"Alors qu'il n'avait accepté aucune décoration, il avait accepté la médaille Achir, la plus haute distinction algérienne", a souligné le metteur en scène, ajoutant : "je n'aimerais pas qu'on évoque Roger Hanin avec tristesse. C'est un homme qui aimait tellement la vie".

Le réalisateur a signalé la valeur symbolique de la synagogue Buffault où "ont été tournées des scènes de mon film +Le Grand Pardon+". "Quand on pense à Roger Hanin, on ne peut pas s'empêcher de penser: quelle vie!", a-t-il lancé en évoquant les grandes étapes de la vie de l'acteur, de la casbah d'Alger à Paris.

Robert Hossein a ensuite pris la parole. "Cher Roger, je te dis la tristesse que j'éprouve de ton départ, moi qui t'ai tant aimé", a-t-il dit, très ému.

Alexandre Arcady à son arrivée le 12 février 2015 à la synagogue à Paris

La dépouille de l'acteur, célèbre pour son rôle de commissaire dans la série télévisée "Navarro", "doit arriver à bord d'un avion de la compagnie Air Algérie tôt vendredi. Elle sera directement transférée vers le cimetière" où l'inhumation devrait se dérouler en milieu de matinée, a indiqué ce responsable à l'AFP, sous couvert d'anonymat. Des membres de la famille et des amis proches de Roger Hanin seront à bord de l'avion, a-t-on indiqué dans l'entourage de l'acteur à Paris.

De précédentes informations indiquaient que le corps serait transporté par un avion gouvernemental algérien.

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Roger Hanin avait préparé ses obsèques et demandé aux autorités algériennes d'être inhumé à Alger, la ville où il est né le 20 octobre 1925.

Le président algérien a rendu un hommage à un "symbole de l'amitié entre les peuples algérien et français". L'Algérie "s'honore de recevoir, sur sa terre, la dépouille de cette sommité de la culture moderne", a fait savoir Abdelaziz Bouteflika dans un comuniqué, précisant que Roger Hanin serait "enterré avec tous les honneurs et le respect dus à sa personnalité, son parcours et la grandeur de son âme".

"Je suis 100% casher sur le plan génétique. Je suis fils de communiste et petit-fils de rabbin. Je me sens très juif", disait l'acteur, qui s'était converti au catholicisme en se mariant.

Il sera inhumé à proximité de la tombe de son père, Joseph Lévy, a précisé le responsable juif algérien. Faute de temps et d'autorisation, le corps devrait être enterré dans son cercueil, contrairement la tradition juive, selon lui. Le site de Saint-Eugène Bologhine est le dernier cimetière de la communauté juive d'Alger, qui a été l'une des plus importantes d'Afrique du nord.

Seuls quelque 300 juifs habitent encore en Algérie, la plupart dans la capitale. Leur nombre dépassait les 130.000 à la fin des années 1950 mais la plupart ont décidé d'être rapatriés en France en 1962, à la fin de la guerre d'indépendance.

Roger Hanin était devenu un acteur très populaire grâce à l'immense succès de la série "Navarro" où il campe un commissaire incorruptible. Il a tourné aussi dans près d'une centaine de films, dont "Le coup de Sirocco" où il joue un pied-noir qui, après les événements en Algérie, revient en France.

Une autre figure de la scène culturelle franco-algérienne, l'écrivaine algérienne Assia Djebar, membre de l'Académie française, sera inhumée vendredi à Cherchell, sa ville natale, à 150 km à l'ouest d'Alger. Cette grande voix de l'émancipation des femmes musulmanes et du dialogue des cultures est décédée vendredi dernier à Paris à l'âge de 78 ans.

ad-jfg-amb/cnp

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Une autre figure de la scène culturelle franco-algérienne, l'écrivaine algérienne Assia Djebar, membre de l'Académie française, sera inhumée vendredi à Cherchell, sa ville natale, à 150 km à l'ouest d'Alger. Cette grande voix de l'émancipation des femmes musulmanes et du dialogue des cultures est décédée vendredi dernier à Paris à l'âge de 78 ans.

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