Bénédicte a quitté son boulot de commerciale.
Elle veut devenir photographe.

C'est comme ça que nous nous sommes rencontrées. Elle venait présenter ses photos (comprenez "les vendre") et puis, tiens les montrer, à qui voudrait bien les voir. Elle transporte ses cartons de photographies sur un diable à roulettes, son petit PowerBook est accroché à son épaule et elle affiche un grand sourire aux lèvres... On ne s'y trompe pas, commerciale elle était, commerciale elle restera. Et si aujourd'hui elle est une artiste, venir ainsi se présenter, se vendre et séduire ne la dérange pas.

A bien y réfléchir, c'est certainement ce qui fera la différence et elle en est bien consciente. D'ailleurs, cela lui a déjà bien servi pour appâter certains clients. Bénédicte a l'argumentaire que les autres n'ont pas.
Bénédicte Lassalle, c'est l'histoire d'une reconversion qui semble bien partie. Out le travail de commerciale qui l'amuse un temps, et puis qui l'ennuie. Des années à travailler à Londres, puis un retour en France qui capote rapidement, avec l'éclatement de la bulle Internet...
Ce sont les prémices de l'aventure : Bénédicte est en inactivité (bien que payée par sa boîte étrangère !), elle investit dans un vélo, un nouvel appareil photo et part arpenter Paris pendant huit mois et là, elle clique, et clique.
De retour dans les bureaux d'un nouvel emploi, c'est rebelote : elle s'amuse d'abord et puis s'ennuie très vite. Elle profite d'un Fongecif (Fonds de gestion du congé individuel de formation) pour explorer les balbutiements d'une vraie vocation, la photo.

Quelques mois plus tard, la revoilà, photographe de son état et toujours des idées plein la tête. Surtout ceux qui lui tiennent à cœur. Comme cet "autoportrait" de sa grand-mère, son "travail le plus abouti". ''"C'est un portrait en creux", dans lequel elle n'apparaît jamais, parce qu'aujourd'hui elle est très âgée et est restée longtemps couchée"''. Mais, oui, même nous qui ne la connaissons pas, la voyons dans sa cuisine, et puis là aussi, sur cette photo d'un coin de table avec un citron posé sur une coupelle.

Pour l'instant, c'est positif !

''"Quand on débute, on commence toujours par regarder autour de soi. Cela a un côté psychanalyse, cela permet aussi de rester dans une tonalité très personnelle"'', explique Bénédicte Lassalle. ''"En photographie, j'aime ce qui est à mi-chemin entre le touchant et l'attachant. Comme ce que fait le Britannique Martin Parr, ses photos de lieux de vacances me font marrer."''

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Ses yeux brillent... La critique et le petit monde très fermé de la photo l'a plutôt très bien reçue, jusqu'à maintenant. Chose tellement rare, un pro lui a même donné des tuyaux et des contacts pour publier ses travaux, aux Rencontres photographiques d'Arles en juillet dernier.
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