Le Käma Sütra, c'est toutes les positions que l'on fait naturellement sans s'en rendre compte et surtout sans se dire "tiens là, je fais la tarentule"... Là, Monsieur est en appui sur ses mains, les jambes allongées sur le sol ou le lit. La "FemmesPlus" l'enfourche, en appui sur les bras et les jambes. Son bassin est libre d'osciller et de rythmer le mouvement. C'est ça la tarentule ! Dit comme ça, ça ressemble à une partie de Twister, mais en pratique, c'est plutôt un défi lancé à nos articulations !
Conclusion, les lecteurs et lectrices du Käma Sütra sont soit des sportifs très entraînés à la danse de l'amour en quête de nouveaux horizons, soit des novices prétentieux prêts à se faire un tour de rein en tournant les pages du livre. La bonne nouvelle, c'est que si on n'était pas capable de mettre nos jambes derrière notre tête avant, on le sera peut-être après l'avoir lu.

Mais attention, une lecture trop soutenue de cette bible de marathonien du sexe peut nuire au bon déroulement des opérations. Cela serait en effet dommage de perdre le fil en essayant de se rappeler des noms ridicules de ce que l'on est en train de faire et de pouffer de rire...

Le Käma Sütra est le travail de Vatsyayana, un sage indien du IVe siècle. Persuadé que la connaissance du plaisir est indispensable à l'épanouissement de chacun(e), il réunit tous les traités d'amour existant en un volume. Ce "traité du plaisir amoureux" n'arrive qu'au XIXe siècle en Europe. Voilà donc une explication rationnelle à la frustration de bon nombre de femmes jusque là.
L'ouvrage, livre culte des libertins puis bible de la libération sexuelle, (et aussi un peu de la Beat génération !) regroupe tous les conseils pour l'amour, mais pas uniquement l'inventaire des positions érotiques : il parle du mariage, des rapports entre hommes et femmes, et donne quelques recettes médicinales pour augmenter le désir. L'ouvrir, c'est surtout s'ouvrir un peu à la liberté, ouvrir la boîte des tabous et de son imagination...

L'œuvre est réputée pour l'acrobatie de certaines positions qui, il faut bien l'avouer, relèvent du défi. N'ayons crainte, d'abord, on n'est pas obligé de tout expérimenter en une fois... Ensuite (et surtout), retenons qu'il ne faut jamais mépriser le plaisir de profiter en longueur et en lenteur de ces positions qui demandent du temps avant de s'installer dans le bon déroulement des opérations. Un bon échauffement est toujours très utile. On regrette juste qu'il n'y ait pas plus de conseils sur les préliminaires, cela nous aurait déchargées de nombreuses leçons de rattrapage... Et puis, les femmes ne pratiquent pas toutes le yoga, ni même d'ayurvéda. Cela tombe bien, le Käma Sütra honore aussi l'amour pour les fainéants. Dans le tantrisme, tout est d'abord dans la tête n'est-il pas ? On peut donc faire l'amour sans se toucher, avec juste le souffle de l'autre sur la peau en guise de caresse et des projections d'images mentales en prime. Il parait qu'on atteint le nirvana ainsi aussi.

Eloge de la lenteur

D'ailleurs, si Monsieur nous propose "l'écrin à bijoux" sachez qu'il ne s'agit pas d'un rang de perles rares, mais qu'il est soucieux de votre plaisir et de votre confort sexuel. Il s'agit d'une posture cool, appelée aussi "à la paresseuse". Les deux partenaires sont étendus sur le flanc, face à face. La pénétration se fait en douceur pour un plaisir partagé. Point n'est besoin d'être sportif, mais seulement tendres et sensuels. Il parait que plus vous monterez la jambe, plus le plaisir de l'orfèvre sera important...

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Ah, dernier point, prévoir de la place ! Le Käma Sütra ne s'expérimente pas dans une caravane ou dans une voiture qui ne seraient pas prévues à cet effet.

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Mais ce livre a certainement bien d'autres vertus. Et s'il rendait plus fidèle ? Quand on voit tout ce que l'on peut faire, on se demande pourquoi aller faire avec une autre ce qu'on a pas encore testé avec la première...Alors, fantasme d'homme viril ? Beau livre à offrir en clin d'œil à un amant peu créatif ou livre à lire pour rire ?Loin des figures imposées, la leçon de nos expériences nous apprend en tout cas que chaque homme et chaque femme pourraient écrire son propre Käma Sütra.
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