D'abord les chiffres
D'abord, il y a les chiffres. Ils datent de 1992. Selon l'enquête publique ACSF (analyse des comportements sexuels en France) pilotée par le Ministère de la santé : 12,4 % des femmes et 6,2 % des hommes seraient sexuellement inactifs.
Une fois retranchées les femmes âgées et les veuves on tombe à 2,7 % pour les femmes et 1,9 % pour les hommes, dans la tranche des 30-34 ans. Alors que, pour les 35-39 ans, les chiffres sont de 2,5 % et 2,3 %. Une étude qui sera réactualisée cette année.

Alors heureux ?
Ensuite, il y a la réalité cachée derrière ces chiffres. Une réalité qu'a traquée le journaliste du Canard Enchaîné David Fontaine, dans son livre "No sex last year, la vie sans sexe": "''Le titre était au départ "Misère sexuelle en milieu urbain. Avant que je me dise que je n'avais pas le droit de juger que l'absence de sexe était une forme de misère. Surtout que je me suis rendu compte que ces gens là n'étaient pas forcément malheureux''".
Pas forcément malheureux, mais pas complètement heureux non plus. D'ailleurs, au fil des 12 témoignages recueillis par David, les 6 femmes et 6 hommes interrogés avouent souffrir parfois. Chacun à sa manière : "''L'absence de sexe est vécu différemment d'une personne à l'autre. Mais au fond, ce qui manque le plus cruellement, c'est la tendresse, pas le sexe''", explique David Fontaine.

"On ose moins"

Entre crainte et exigence Problème : avoir des relations sexuelles à 30 ans, c'est plus difficile qu'à 20. Etonnant ? Pas tant que ça : "''A 30 ans, on a vécu des expériences plus ou moins heureuses. On a parfois été blessé, on doute... Du coup, on se méfie davantage. Une espèce de peur, qui gouverne les rapports amoureux, s'installe. Car on ne veut pas retomber dans ce qu'on a connu. Ce qui entraîne un degré d'exigence très élevé''". Comme Laurence : "''A 30 ans on est plus libre qu'à 20 ans, mais on ose moins de choses"".

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Pas le temps, pas envie ! Autre raison à cette "no sex attitude" : une réaction de rejet de la part des enfants de la génération mai 68. Surtout que ces trentenaires ont des vies différentes de leurs parents : soit débordés par trop de travail, soit au chômage. Deux cas extrêmes pas favorables à une vie sexuelle épanouie : "''Résultat, on finit par être miné par ses angoisses et on n'ose plus aller vers les autres''" confirme David Fontaine.

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