Serge Victoria. C'est un nom de vainqueur et de gloire. Pourtant, aucune prétention ne se dégage de l'homme qui vient juste de me serrer la main. Par contre, c'est dingue, on dirait le sosie de Georges Clooney. Version Syrianah avec la barbe. Même bouille un peu ronde, même cheveu court aux poils ébouriffés et doucement argentés. Même regard. Et le même charme...
La rencontre se déroule dans sa boutique et siège de son business. Yoba. Les filles, je vous présente le créateur de cette fameuse marque de produits dédiés au plaisir (aux plaisirs) érotiques : sex-toys, lingerie, bouquins et gels intimes, la dernière folie en date : "C'est le délire !", s'exclame le spécialiste.
Rencontre...

Le beau Serge
Il a une petite quarantaine et le look hypra cool des bourlingueurs. Pas un soupçon d'arrogance, pas un poil de suffisance, juste relax. Rare, trop rare ! Il se livre sans détours. Une carrière démarrée avec tambours et trompettes dans l'écurie de Gérard Louvin, le business téléman. Serge était son directeur du développement. "Cela marchait de la folie. L'argent coulait à flots, c'était les années 90. J'ai beaucoup appris auprès de Gérard qui était d'une exigence et d'une créativité redoutable"s.
Puis, Serge décide de voler de ses propres ailes au gré de ses envies... Il revend ses parts et s'envole pour les States auprès d'un autre homme de l'art. "Un des fondateurs du Cirque du soleil, un ami de toujours. J'avais envie de monter un concept de spectacle autour de la magie". Direction NY, LA et Montréal.
Le concept n'a pas pris. Serge est rentré en France et a monté un spectacle avec Muriel Hermine. Souvenez-vous, c'était au Cirque d'hiver, à la fin des années 90. Succès, puis plantade quand le spectacle a été monté à Disneyland.

Qu'à cela ne tienne, Serge monte un restau "Fabuleux, 1 250 m2 et 450 couverts rue Georges V. "Un super coup, j'ai monté un restau chinois que j'ai vendu à des Asiatiques !"
Ensuite, il y a eu la "Parfumerie générale", un projet improbable de maisons individuelles Feng shui et puis hop, six mois en Chine. "Il fallait être là-bas et pas ailleurs ! Mais je n'y ai pas trouvé d'idée".

Pour le plaisir des femmes

Pour le plaisir des femmes Retour en France. Serge a envie d'une marque. Il rencontre deux superbes Suédoises qui mijotent un projet de boutique de sex-toys. Ce sera Yoba. Dérivé de Joba, amour en Allemand. Serge tient sa marque. Les sex-toys ont le vent en poupe. La fille de Sonia Rykiel a ouvert son propre corner en sous-sol de la boutique à maman. La presse suit. L'association avec les belles ne tient pas, Serge rachète leurs parts, et c'est parti pour la cosmétique du plaisir !

Yoba aujourd'hui, c'est de la VPC (essentiellement sur des réseaux parisiens), c'est la boutique, c'est le site Internet, des corners (Printemps et diverses boutiques partout en France), des ventes à l'export (Italie, USA, Japon, Autriche...) et bientôt des franchises. "J'ai une vraie marque avec mes propres gammes !" Ce qui marche le mieux ? "Les jouets mais depuis peu, les gels intimes". Yoba en propose trois gammes, Aloa verde, Rosée cristal (dont un gel stimulant) et Rosée. "Initialement, ces produits se vendaient surtout auprès d'une clientèle gay. Maintenant, ce sont des jeunes femmes, parfois très jeunes qui les achètent." Bizarre, la sécheresse vaginale, c'est plutôt un truc de femme mature non ? "La sexologue qui anime nos sexy apéros explique que le mode de vie des femmes a évolué : plus de stress, une alimentation, un mode de vie différents. Autant de facteurs qui influent sur leur sexualité..." Bref, "Les gels, ça cartonne !".

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A part cela, se vendent aussi les produits de massage, dont certains sont comestibles. Slurp ! Remarqués aussi les petits plumeaux pour des caresses légères et inédites... "Mes produits sont d'abord et avant tout destinés aux femmes, pour leur plaisir à elles. Celui de l'homme est secondaire, tout le contraire du sex shop," explique le beau Serge."Et elles adorent parce que c'est pour elles, et puis, au niveau du couple, c'est tout bon, cela relance souvent le sexe, les sens, parfois la communication..."

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L'essentiel de la clientèle de Yoba se recrute chez les trentenaires : "Les plus âgés, hommes ou femmes, estiment ne pas avoir besoin de tout cela et se suffire à eux-mêmes. Les jeunes, c'est différent. Ils ont une autre appréhension de la sensualité, de la sexualité, souvent modelées par la télé ou le ciné... L'éducation sexuelle a disparu de l'enseignement. La cosmétique du plaisir leur permet d'aborder la sexualité avec sensualité".
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